Mme Andrée Saint, épouse du Résident général Lucien Saint, pose le lundi 19 mai 1930 à 11h00, la première pierre de la future maternité de Fès – qui portera son nom -, après avoir placé dans cette pierre une médaille en argent commémorant l’évènement.

Lucien Saint fut Résident général de France au Maroc de janvier 1929 à juillet 1933. Il était classique que la femme du Résident général se sente concernée par la réalisation d’œuvres sociales et charitables ; une partie de son activité de « 1ère dame » était souvent consacrée à l’aide ou à la protection de l’enfance défavorisée.

Mme Saint décide la création d’une maternité digne du prestige de la ville de Fès et du nombre important de ses habitants. Jusque là les femmes accouchaient le plus souvent à domicile, ou à l’hôpital Cocard pour les femmes marocaines et pour les européennes à l’hôpital militaire Auvert, qui même s’il n’avait pas encore un secteur civil officiel, recevait tous les européens nécessitant des soins hospitaliers.

Avec la maternité, Mme Saint, décide en même temps de doter la ville de Fès d’un orphelinat indigène et un Comité de patronage est constitué dès le printemps 1930.

La pose de la première pierre de la maternité a lieu, sous la présidence du Résident général Lucien Saint et de S.E. le Pacha Tazi, en présence de M. Vimal, contrôleur civil et chef des Services municipaux, de MM. Laurans et de Tremaudan, adjoints municipaux, Baudrand, président de la Chambre mixte, Rose et Bernard du 3ème collège, du Président Lidon et du procureur Ambialet, et des docteurs Salinier, Gravot et Colin.
Le devis a été établi par M. Ambrosini, ingénieur en chef des Travaux municipaux et le montant des travaux est évalué à un million et demi de francs. La construction de l’immeuble est confiée aux entrepreneurs Scandariato et Simone.

Préalablement, c’est lors d’une visite à Fès de Mme Saint, qu’il a été décidé, « sur le terrain, le 29 mars 1930, à 11h20 » ! que le bâtiment serait construit de façon à ce que la façade soit parallèle au mur du Palais du Sultan, avec un jardin à l’avant et derrière , sur un terrain de 10 000 m2.
L‘emplacement choisi, dans le Nord-Est des terrains de l’Aguedal extérieur, a posé problème dès l’origine.

En effet, on peut lire, dans un article du 2 mars 1930 du Progrès de Fez, sous la signature de Marcel Bouyon :

« Une note circulaire communiquée aux grands journaux, nous fait part de l’intention de Mme Saint, de créer une maternité à Fez, une maternité moderne répondant aux dernières conceptions de l’hygiène et du confort …
On a décidé la création de cette maternité dans le Nord-Est des terrains de l’Aguedal extérieur ; cet emplacement sera bordé au Nord par la route qui longe la muraille encerclant l’Aguedal ; à l’Est par le boulevard Moulay Youssef et au Sud par la voie ferrée.
Cet emplacement convient-il bien à la maternité ? Il est certain qu’il est central et accessible. Si nous examinons le revers de la médaille, nous croyons que cet emplacement va à l’encontre d’une décision de la Commission municipale ou tout au moins de l’avis émis par le rapporteur du budget, rapport approuvé par la Commission municipale.
Cet emplacement se trouve encerclé par trois rues, boulevard ou voie ferrée c’est-à-dire dans un quartier bruyant et poussiéreux. Autre objection : la construction de la maternité dans le jardin Gide ne va-t-elle pas sonner l’enterrement du projet de construction de l’Hôpital civil sur le plateau de Dhar Mahrès ? alors que cette construction édifiée à côté de l’Hôpital civil inciterait vraisemblablement nos dirigeants à en hâter l’exécution.
L’emplacement de l’Hôpital civil est certainement on ne peut mieux choisi, pour un établissement de ce genre ou une maternité : isolement, belle vue, aération, etc. On peut, peut-être lui reprocher son éloignement relatif à la ville. À l’heure actuelle avec les moyens de transports dont nous disposons, faire 200 mètres ou 2 kilomètres est sensiblement la même chose ; d’ailleurs beaucoup de dames vont faire leurs couches dans d’autres villes à Rabat par exemple. On ne peut donc retenir la distance qui sépare la ville nouvelle de l’emplacement de l’Hôpital civil comme un inconvénient sérieux.
La maternité à côté de l’Hôpital civil et dans des pavillons isolés bénéficiera des moyens puissants de l’organisation des services généraux et du personnel de cet hôpital. C’est à considérer, aussi avant d’engager des dépenses importantes – il faudra bien compter plus de deux millions pour la création de la Maternité de Fez – il serait peut-être bon de voir si l’emplacement envisagé répond bien à toutes les nécessités et aux conditions exigées pour ce genre d’établissement ».

Avant de poursuivre sur l’historique de la Maternité Andrée Saint, je reviens succinctement sur l’Hôpital Civil dont parle Bouyon dans son article de mars 1930. Il n’y a pas à Fès d’hôpital civil en 1930. C’est l’hôpital militaire Auvert, installé depuis le 17 juin 1911, dans les jardins Bennis à Bab el Hadid qui reçoit les civils européens. L’hôpital militaire Auvert sera transféré sur le plateau de Dhar Mahrès le 1er janvier 1935. La partie réservée aux malades civils de l’Hôpital Mixte Auvert n’ouvrira ses portes le 1er Septembre 1935.

L’installation de l’hôpital Auvert à Bab el Hadid  présentait de multiples inconvénients et il apparut rapidement raisonnable de chercher un autre emplacement convenant mieux à sa destination : une  grande partie des casernes se trouvait sur le plateau de Dhar Mahrès.
Lors de la première foire de Fez, en octobre 1916, le général Lyautey accompagné de ses maisons civiles et militaires et des autorités régionales se rendit sur le plateau de Dhar Mahrès et, après avoir examiné les lieux, s’adressant à son entourage décida: « Voici l’emplacement de l’Hôpital de Fez … vous n’y voyez pas d’objection, Messieurs ? » et comme personne n’en formulait ! l’emplacement du nouvel hôpital fut décidé sur les lieux où il est installé … en 1935 ! Pendant plus de dix ans il ne fut plus question de l’hôpital : Fès était passée au dernier rang des préoccupations du général Lyautey tout absorbé par l’édification de sa propre capitale Rabat et des exigences de Casablanca.  Enfin en 1925 le général Lyautey devenu maréchal se décide à faire quelque chose et le commandant Le Guevel en février 1925 put annoncer la bonne nouvelle à la Commission municipale de la construction d’un nouvel hôpital à Dhar Mahrès. Mais les bâtiments achevés en 1926 n’ont pas été utilisés. Et pendant six ans des discussions byzantines furent engagées pour rechercher la formule administrative du nouvel hôpital de Fez ainsi que la participation à verser pour chaque partie : serait-il civil recevant des militaires ou bien militaire hébergeant des civils à titre onéreux … ou bien enfin mixte ? En 1930, la décision n’avait pas été prise, ceci explique, en mars 1930, les craintes de Marcel Bouyon : la construction de la maternité dans le jardin Gide ne va-t-elle pas sonner l’enterrement du projet de construction de l’Hôpital civil sur le plateau de Dhar Mahrès ?

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Détail du plan de Fès en 1933 au 1/10 000ème. 1- Maternité (au centre G). 2- Hôpital Mixte (construit mais non ouvert, au centre Dt. 3- Casernes de Dhar Mahrès (en bas à Dte). 4- Mellah et Fès-Jdid (en haut). 5- Fès Ville-nouvelle (en bas à G.)

Mais revenons à la maternité !

Le Service de l’Hygiène avait également donné à l’époque un avis défavorable pour l’édification de la Maternité, sur l’emplacement retenu et validé par Mme Andrée Saint.
(je n’ai pas trouvé l’argumentaire étayant l’avis défavorable du Service de l’Hygiène).

Je n’ai pas non plus la date exacte de l’ouverture de la Maternité : le 17 octobre 1930, le Président de la République française Gaston Doumergue, lors de son voyage au Maroc et de sa visite à Fès inaugure la Maternité Andrée Saint en précisant dans son discours qu’il a souvent dû inaugurer des bâtiments qui étaient à peine commencés … mais que pour cette maternité les travaux sont presque achevés ! Déjà le nom de « Maternité Andrée Saint » est posé sur le frontispice !

La Maternité de Fès a dû ouvrir dans le courant de l’année 1931 … sans plus de précision, pour l’instant : si certains d’entre vous sont nés dans cette maternité vers 1931, merci de nous le dire !
Le 11 décembre 1931, les autorités municipales – Pacha Tazi et M. Lemaire, chef des Services municipaux – viennent visiter la maternité et sont reçus par M. Barraux, président du Comité-directeur de la maternité, assisté des docteurs Salinier et Bajat ; le 26 décembre 1931, le Résident général de la zone espagnole, en visite à Fès, vient lui aussi, en visite, à la maternité. L’ouverture a dû se faire à l’automne 1931.

Le 30 janvier 1932, Mme Andrée Saint se félicite de l’existence de cette maternité qui rend de grands services aux futures mères européennes et précise :
« La même faveur va être incessamment étendue aux femmes indigènes de la Médina. Tout d’abord une Maison de visite va être ouverte en Médina et les femmes musulmanes qui le voudront pourront se faire visiter par une sage-femme française. Si elles en expriment le désir un médecin pourra leur donner avis et soins. Les femmes musulmanes semblent accueillir cette initiative avec vive faveur car quatre sont allées à la Maternité de la Ville-nouvelle pour accoucher selon les nouvelles méthodes ».
Elle voit dans cette mixité future (mais limitée !) un renforcement du rapprochement franco-marocain.

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Façade de la Maternité Andrée Saint. 1932

En pratique cette Maternité de Fès n’a jamais rendu les services espérés et, peu fréquentée à cause de ses tarifs, elle ferme en février 1935. Il était « diplomatiquement » difficile de la fermer avant la fin du résidanat de Lucien Saint, en juillet 1933 ; Mme Ponsot, femme d’Henri Ponsot, successeur de Lucien Saint à la Résidence générale à Rabat, n’apporta pas les concours (financiers en particulier) qui auraient pu pérenniser la « belle » œuvre … dispendieuse de Mme Andrée Saint.

Sous le titre « La ruineuse maternité de Fez » Marcel Bouyon le 17 février 1935 écrit dans le Progrès de Fez : « Nous sommes loin des enthousiasmes provoqués par l’inauguration de la Maternité ; cet établissement luxueux – trop certainement – vient de fermer ses portes pour mettre fin – momentanément – à une exploitation ruineuse …
Bref, la Maternité fut édifiée sans se préoccuper des conditions onéreuses de sa construction et de son exploitation. L’installation électrique dispendieuse – 60 000 francs par an – a porté le prix de revient de la journée d’hospitalisation à 112 francs par jour. Tarif prohibitif et ruineux ».
(À l’Hôpital Auvert les tarifs les plus chers, en chambre particulière étaient en 1935 de 54 francs la journée).

Le journaliste poursuit : « Il nous semble que cette maternité était dotée d’un conseil d’administration ? Qu’à-t-il fait ? Il n’a donc rien vu, rien contrôlé, rien administré ? » Bouyon pointe des dysfonctionnements administratifs, des malversations financières, des abus dans les facturations du consommable sans que personne ne s’en soucie.

« Nous croyons que c’est à la suite de l’inspection du directeur du Service de santé et avec l’assentiment de la Municipalité que la Maternité a été provisoirement fermée. Nous voulons espérer que dans la nouvelle organisation, on saura éviter les critiques auxquelles ont donné lieu l’exploitation antérieure et que l’on arrivera à trouver une formule pour concilier les intérêts des hospitalisés et des contribuables – car ce sont toujours les contribuables qui font les frais de tous les abus, de tous les gaspillages et de toutes les complaisances … »

Et comme la Maternité s’avère trop spacieuse pour la ville de Fès, certains suggèrent la combinaison suivante :

Pourquoi n’envisagerait-on pas dans cette Maternité, un organisme qui sauvegarderait à la fois les intérêts des malades et ceux, légitimes du corps médical ? Pourquoi les médecins de la ville n’envisageraient-ils pas la création, à frais communs, d’une maison de santé médico-chirurgicale où ils pourraient recevoir et traiter leurs malades. Ou bien, si actuellement, ils n’ont pas les moyens de se lancer dans des dépenses aussi élevées, pourquoi le protectorat n’envisagerait-il pas la création d’un pareil établissement ? La Maternité actuelle pouvant parfaitement recevoir une telle affectation, en raison de l’importance de ses bâtiments.

Marcel Bouyon pense aussi que, sans nuire à son fonctionnement, il serait possible  d’affecter une partie de la maternité à la création d’une maison de santé médico- chirurgicale. Tout s’y trouve, salles de malades, salle d’opération, matériel. « Les malades aisés pourraient y être admis, soignés et opérés par leur médecin ordinaire, car tous les médecins auraient la possibilité d’y faire entrer leurs malades. Sur les sommes payées, une partie serait réservée à l’administration pour la couverture des frais d’hospitalisation, d’amortissement du matériel, etc. et le reste serait attribué aux médecins traitants … Cette formule est appliquée en France dans de nombreuses villes ; elle aurait l’avantage de sauvegarder les intérêts de tous et de donner satisfaction à tout le monde.
Dans tous les cas, on ne peut continuer sur les errements anciens et, si on ne se lance pas résolument vers des réalisations pratiques et urgentes, les abus signalés à la Maternité et dans quelques dispensaires, se reproduiront infailliblement avec leur cortège de suspicion qu’il importe d’éviter à tout prix ».

Les conditions de la fermeture de la Maternité ont fait l’objet de « passes d’armes » dans les journaux locaux, quotidiens ou hebdomadaires, chaque journaliste ayant son avis sur le sujet et prenant parti pour l’une ou l’autre des personnalités locales impliquées à tort ou à raison dans ce qui était qualifié de scandale, d’erreur, d’échec.
Voici quelques titres :
Le scandale du jour : La Maternité Andrée Saint ferme … Signe des temps … ? Conséquence d’une imprévoyance coupable …? De fautes graves … administratives ? De combines …? Nous ne le savons point … Femmes ! vous n’aurez plus le droit d’être mères sans risquer Auvert … (Dépêche de Fès. 9 et 23 février 1935)
La ruineuse Maternité de Fez (Progrès de Fez. 1er février 1935)
L’erreur de la Maternité de Fez (Progrès de Fez. 3 mars 1935)

Des solutions sont proposées pour « corriger les erreurs commises » qui reprennent d’ailleurs l’idée avancée dès 1930, d’inclure la Maternité dans l’enceinte de l’Hôpital Auvert ; Marcel Bouyon s’en fait (encore) le défenseur dans le Progrès de Fez (3 mars 1935).

« Le nouvel Hôpital Auvert va ouvrir ses portes dans trois mois. Admirablement situé, ce sera un hôpital modèle. La direction administrative sera assurée par un administrateur civil – on en cite déjà le nom – ; il est prévu pour 375 lits dont 125 réservés à l’élément civil. La moyenne des civils hospitalisés est de 60 par mois environ. Il y a donc de la place de reste. Pourquoi n’affecterait-on pas un pavillon de l’hôpital Auvert à la maternité ? Elle bénéficiera là-haut de tous les avantages d’un établissement installé et organisé : personnel médical et administratif, infirmiers, service des cuisines, de la pharmacie, de la lingerie, chauffage, éclairage etc. Elle pourrait fonctionner là économiquement et dans des conditions tout au moins égales de confort et de sécurité.

La maternité Andrée Saint sera toujours onéreuse, toujours un gouffre, quoi que l’on fasse en raison de son isolement et de la conception grandiose qui a présidé à sa création. Nous avons actuellement une occasion unique pour réparer cette erreur.

Et les bâtiments de la maternité qu’en ferez-vous ? allez vous me dire. Il sera extrêmement facile de retrouver une utilisation avantageuse, une utilisation qui au lieu d’être onéreuse pour les contribuables de Fès, pourra leur procurer une économie de dépenses de plus d’un demi-million par an. Nous en reparlerons un jour prochain et souhaitons que notre Commission municipale veuille bien s’intéresser à cette importante question.

Fermée depuis février 1935, il apparaît rapidement que la Maternité Andrée Saint ne ré-ouvrira pas dans ses locaux du boulevard Ducla. Depuis qu’elle est fermée … les femmes font toujours des enfants ! et lorsqu’elles n’accouchent pas à leur domicile, elles peuvent enfanter dans le nouvel Hôpital Auvert, d’abord dans la partie militaire, puis dans le nouvel hôpital civil, après la signature du dahir du Sultan du 27 avril 1935 qui donnait une existence légale à la partie civile qui ouvre le 1er septembre 1935.

Vue aérienne Auvert

Vue aérienne de l’Hôpital Mixte Auvert avec à droite la maternité. Cliché des années 1950

Les conditions de confort et de sécurité sont équivalentes à celles qui étaient proposées à la Maternité Andrée Saint. Une sage-femme, une infirmière, sous la haute autorité du médecin-colonel Salinier et deux aides soignantes suffisent à assurer le service qui nécessitait dix-sept personnes à la Maternité Andrée Saint. L’économie de personnel et de frais de gestion est donc sensible.

Certains pour ménager les susceptibilités ont proposé de donner le nom de Mme Andrée Saint (qui a déjà quitté le Maroc) à un pavillon du nouvel hôpital. Je ne crois pas que cela ait été fait. D’autres proposent de donner le nom du docteur Salinier à une salle de la future maternité de l’Hôpital Auvert. En effet le Dr Salinier dirigeait, avec une compétence indiscutée, l’ancienne maternité du premier Hôpital Auvert, et depuis la fermeture de la Maternité Saint, c’est lui qui assure « bénévolement » (en plus de ses fonctions de chirurgien), la direction du service des accouchements du nouvel Hôpital Auvert. Les femmes ne tarissaient pas d’éloges sur les qualités humaines et professionnelles du Dr Salinier.

Je ne sais pas ce qu’il advint de cette proposition mais ce qui est certain c’est que dès l’installation de la partie civile de l’Hôpital Auvert à Dhar Mahrès, le Dr Gaud, Directeur de la Santé et de l’Hygiène publiques déclare :
« Une maternité est prévue dans votre nouvel hôpital, elle doit être isolée tout en étant rapprochée du pavillon de la chirurgie, son emplacement envisagé se trouve dans la partie nord-est de l’hôpital.
Nous prévoyons une maternité de dix-neuf lits : une chambre commune de six lits, quatre chambres particulières à un lit, trois chambres à deux lits et trois chambres isolées pour malades infectées. Ce chiffre de dix-neuf lits nous paraît suffisant pour l’instant, si nous nous en référons aux statistiques de l’ancienne maternité Andrée Saint où le maximum des lits occupés fut de dix-sept avec trente cinq accouchements par mois. Il importe que les parturientes ne se sentent pas abandonnées et qu’elles voient auprès d’elles la présence constante de la sage-femme attachée à la maternité, ce qui nous obligera à envisager la construction de quelques dépendances indispensables.

C’est M. Bousquet, auteur des plans de l’hôpital qui sera chargé en collaboration avec M. Debroise d’établir les plans de la maternité ; la municipalité tient en réserve une somme de quatre cents mille francs environ pour cette réalisation. La maternité a été installée à droite de l’entrée. J’y suis né, comme beaucoup d’anciens de Fès et les différents gestionnaires de l’Hôpital Ghassani (nom actuel de l’hôpital Auvert) ont régulièrement la visite des « anciens natifs d’Auvert ». Nous sommes toujours accueillis très gentiment. Nous les en remercions.

Parallèlement et  pour régler définitivement le sort de la Maternité du boulevard Ducla, l’idée de regrouper, dans un but d’économie, dans les bâtiments libérés, l’ensemble des services de la Municipalité, fait son chemin … efficacement d’ailleurs puisque l’ancien immeuble de la Maternité hébergeait encore récemment les Services municipaux de Fès.

Construite luxueuse et imposante, peut-être pour faire perdurer le nom d’une personnalité à la puissance éphémère, institution trop riche dans une ville trop pauvre ?, l’ancienne Maternité Andrée Saint a finalement cédé la place à l’Hôtel de Ville qui sut valoriser un immeuble vaste et luxueux, pour un fonctionnement municipal plus efficace … et à moindre frais pour les contribuables de 1935 !

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« Hötel de Ville » sur le fronton du bâtiment remplace l’inscription « Maternité Andrée Saint ». Les deux clichés datent des années 1940

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Texte réalisé à partir d’articles des journaux de l’époque : Progrès de Fez, La Dépêche de Fez, Le Courrier du Maroc et la revue L’Afrique du Nord illustrée.