J’ai trouvé dans le Maroc médical (1949 janvier-juin p. 264) cet article du Dr H. Willemin.

Le climat de Sefrou est caractérisé par une sécheresse de l’air assez accentuée, mais compensée par la sensation de fraîcheur due aux ombrages et aux eaux vives courant dans les sentiers et même dans les rues.
Le massif du Kandar la protège des vents d’ouest, de telle sorte qu’en hiver le brouillard est pratiquement inconnu à Sefrou, même lorsque Ifrane, Immouzer ou Fès en sont couverts. D’ailleurs le vent lui-même est exceptionnel et l’abondance des cerisiers et des arbres fruitiers est un témoignage.

Son altitude moyenne aux environs de 900 mètres la rend habitable confortablement pendant la totalité de l’année, son climat se rapprochant beaucoup de celui de la France, ni trop froid en hiver, ni trop chaud en été.

134 Oued vers la piscine

L’oued Aggaï, en ville près de la piscine, vers 1950. Au verso de cette carte postale, l’expéditeur a écrit : « un joli coin de France, avec de beaux arbres, des cascades et des ruisseaux, il ne fait point trop chaud (28°-17°), nuits délicieuses » !

Ce climat égal, tonique, est particulièrement favorable aux adultes fatigués autant physiquement que nerveusement. À la cure de repos s’ajoute un effet anti anémique qui rend Sefrou précieuse dans les séquelles de paludisme ou de dysenterie. L’altitude moyenne est favorable aux cœurs malades ou surmenés, aux essoufflés qui ne peuvent supporter les stations au-dessus de 1 000 mètres.

Les adultes trouvent en outre le minimum de distractions qui rendent une cure agréable, quand ce ne serait que par ses promenades multiples et variées (tennis, piscine, pêche, chasse), les aspects vivants de la cité, la proximité de Fès.

135 La piscine

La piscine, en eau vive sur l’Oued Aggaï, dans les années 1950

Les enfants anémiés et fatigués y reprendront leurs couleurs et leur vivacité.
Par contre les pulmonaires se trouveront mieux des stations classiques, d’altitude plus élevée et de climat plus excitant.

Enfin si l’eau de Sefrou ne peut prétendre malgré sa légère minéralisation au titre de thermale, elle n’en a pas moins un très net effet diurétique particulièrement dans la première quinzaine du séjour. D’où des effets bienfaisants chez ceux dont le rein est fatigué ou la diurèse insuffisante, à la suite d’un trop long séjour dans les plaines brulées par le chergui.

Conclusion

Sefrou est la station de choix des anémiés, petits ou grands, des paludéens, des essoufflés, de ceux dont le cœur ou le rein commence à flancher. Sefrou est par excellence la station des vieux marocains. Ils y retrouveront le climat de France, sans les difficultés toujours croissantes du voyage. Ils peuvent y séjourner toute l’année.

Sefrou, malgré tous ces avantages n’est pas classée comme ville climatique. En conséquence beaucoup hésitent à construire le chalet qui leur permettrait d’y passer l’été « comme en France », car ils craignent une réquisition toujours possible.
Ce classement doit être obtenu, le Maroc a besoin d’utiliser toutes ses possibilités et Sefrou complète la gamme de nos stations climatiques, sans en concurrencer aucune.

Mai 1949. Maroc médical

123 La cascade

Sefrou : la cascade, années 1940