Image à la une :  La Casbah de Dar Dbibagh à Fès. Dar Dbibagh « la maison du petit tanneur » avait été une résidence d’été de Moulay Abdallah qui l’avait faite bâtir en 1729. Cette casbah a servi aux troupes françaises à partir de 1911 

Avant d’évoquer l’installation des Français dans la région de Fès, je ferai un résumé très succinct de la présence française au Maroc, début 1900.

La conférence  d’’Algésiras rassemble, en janvier 1906, douze pays européens (dont la France) plus le représentant du sultan marocain ;  le président américain Théodore Roosevelt est choisi comme médiateur. Sans entrer dans le détail, on peut dire que si un  droit de regard est reconnu à l’Allemagne sur les affaires marocaines, la France et l’Espagne obtiennent des droits particuliers : concrètement, ces deux pays se voient confier la police des ports et le droit de créer une banque d’État internationale.

Les assassinats du Dr Mauchamp à Marrakech en mars 1907 et en juillet 1907, de neuf ouvriers européens, sur un chantier ferroviaire près de Casablanca offraient prétexte à une intervention militaire française et au bombardement de Casablanca par la marine, le 30 juillet. En 1908, l’armée occupe la Chaouïa pour faire régner l’ordre et la France entre ainsi dans l’engrenage de la guerre dite de « pacification » ! Les difficultés internes et une situation financière catastrophique obligent le Sultan à accepter le maintien des troupes d’occupation en Chaouïa et une sorte de tutelle politique de la France dont la présence restait encore limitée à la zone côtière. C’est dans ce contexte que la France en 1911, en venant au secours de Fès, entame sa pénétration du Maroc central.

Début 1911, des tribus de la région de Fès, qui ressentent la pression étrangère et restent toujours en état de révolte latente, se rebellent et bloquent le Sultan Moulay Hafid dans la ville. C’est la tribu des Cherarda qui donne une certaine importance au mouvement de rébellion. Moulay Hafid avait « donné » cette tribu à Si Madani Glaoui pour y lever l’impôt … qu’elle ne devait pas : c’est, en effet, une tribu « guich » qui pour sa contribution militaire, est dispensée de toute imposition, sauf la taxe coranique. Là, on demande soldats, argent, plus chameaux et mulets. La tribu refuse de se laisser tondre et se déclare en « siba ».

Fin février 1911, il est décidé d’envoyer la méhalla chérifienne avec environ 3 000 hommes, sous la conduite de la Mission militaire française de Fès, marcher contre la tribu rebelle dans le bled Cherarda, au nord-ouest de Fès.

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Le commandant Brémond est au centre de l’image

Certains officiers de cette mission militaire, dont le capitaine Maurice Le Glay qui participe à la colonne des troupes chérifiennes chargées de mater la révolte des Cherarda rebelles, pensent que notre Consul Gaillard « d’une adresse et d’une souplesse remarquable » pour tirer parti des rivalités et conflits à la cour chérifienne aurait pu suggérer au Sultan de lever l’impôt chez les Cherarda sachant pertinemment que cela amènerait une situation de tension dont la France pourrait tirer avantage.

Le Glay rédige pendant la colonne « Chronique Marocaine » qu’il publiera en 1933 et qui n’est pas autre chose que le journal de trois mois de campagne du tabor chérifien, en compagnie du Caïd Baghdadi, des commandants Mangin et Brémond, du lieutenant Justinard et des adjudants Pisani et Oulibou. Il nous fait vivre, au jour le jour, l’action d’une méhalla réprimant la révolte d’une tribu, mais il décrit également les relations des différents protagonistes, civils ou militaires, avec le Sultan Moulay Hafid, leurs rivalités et les intrigues enchevêtrées et subtiles du Consul Gaillard qui semble être le meneur de ce jeu politique qui amènera les Français à s’installer à Fès en 1911.

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Officiers instructeurs français de l’Armée chérifienne.

Les combats se déroulent sans grande difficulté et les Cherarda sont assez facilement vaincus, mais la méhalla installe son camp au cœur du pays Cherarda vers le 10 mars 1911 ; elle y restera bloquée pendant plusieurs semaines dans ce que Le Glay appellera le « Camp de la boue » en rapport avec une météo particulièrement pluvieuse. Il sous-entend que c’est volontairement que la seule troupe capable de défendre Fès soit maintenue à distance de la ville. « Comprendrai-je jamais pourquoi notre colonne demeure accroupie dans la boue de ce canton ? Que veulent, qu’attendent ceux qui mènent la pièce ? Car c’est bien une pièce que nous jouons ici… » et Le Glay juge que c’est Gaillard « ce gros homme retors » qui écrit le scénario. « Nous sommes prisonniers de la boue mais aussi de la politique que nous suivons ou qu’on nous fait suivre, ce qui encourage la révolte, aggrave la situation générale autour de nous, nous isole. » … « Cela c’est de la cuisine du maître-coq Gaillard, il faut que Moulay Hafid soit de plus en plus menacé par ses tribus, il faut que nous soyons incapables de lui porter secours, il faut que nous soyons nous-mêmes dans une situation critique pour que Paris s’émeuve. » Le Glay ajoute que si nous avons joué un jeu compliqué, sinon singulier c’est qu’une « seule chose importe : voir nos soldats français aux quatre coins de Fès la Sainte et notre drapeau sur les vieilles tours Almohades ».

Quelques escarmouches pimentent la vie du camp ; dans le même temps des tribus ont fait défection et coupent la route vers Fès où la situation s’aggraverait. Ordre est donné, le 11 avril, à la méhalla de rejoindre Fès rapidement, ce qui s’avère impossible compte tenu de l’état du terrain (terre lourde et glaiseuse, oueds en crues qui rendent quasi impraticable la progression des convois de matériel et d’artillerie). Le retour est effectif le 26 avril et les troupes établissent leur camp au méchouar, et contre le mur du méchouar  entre Bab Segma et le cimetière du même nom.

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Caïds de la Méhalla Chérifienne

Le Sultan Moulay Hafid est toujours aux prises avec les tribus du voisinage, berbères d’abord, mais aussi avec quelques tribus dites makhzen. La situation est décrite comme sérieuse, le blocus de Fès est complet. La cherté de la vie du fait de la difficulté d’approvisionnement fait craindre en ville un soulèvement de la population. La situation matérielle des israélites est décrite comme précaire : le commerce en raison du blocus est arrêté, la misère au mellah est de plus en plus grande, la population s’affole et du coup propage les nouvelles les plus alarmantes. Le directeur des écoles de l’Alliance écrit mi-avril 1911 : «  Les vivres ont atteint des prix de famine, triples ou quadruples des prix ordinaires, la moitié de la population du mellah n’a pas de quoi manger… »

Les télégrammes transmis par le consul Gaillard sont inquiétants : le 4 mai 1911 la ville a été attaquée par 10 000 rebelles qui ont tenté de prendre Fès-Jdid. Les troupes chérifiennes sont sollicitées par les rebelles pour déserter, vivres et munitions se font rares. La population indigène de la ville menacée dans ses intérêts serait très favorable à  l’intervention des troupes françaises

On évoque la possibilité d’un massacre général des Européens vivant à Fès ; à cette époque, la colonie européenne compte une trentaine de personnes dont une dizaine font partie de la mission militaire commandée par le commandant (puis colonel) Mangin et le commandant Brémond. Le docteur Murat est responsable du dispensaire français, Henri Gaillard est notre consul et la représentation diplomatique européenne compte 5 ou 6 membres dont le consul anglais Mac Léod et le consul allemand, Vassel.

La situation serait si critique que le sultan demande alors au gouvernement français de former  une harka qui marcherait au secours de Fès. Pour éviter à cette harka le risque d’une défaite qui serait très préjudiciable tant pour le sultan que pour la France, le gouvernement décide de la faire appuyer par le goum de la Chaouïa, qui est encadré par des officiers français, et par une colonne légère. Des éléments disponibles de la division d’Oran seront aussi concentrés dans la région de Taourirt. C’est une véritable expédition qui est mise sur pied.

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Goumiers traversant l’Oued Bou-Znika

Sous couvert de l’aspect humanitaire – porter secours aux ressortissants européens – il y avait là  une occasion pour la France de pousser sa pénétration vers l’intérieur du Maroc sans risquer trop de critiques des autres puissances européennes, malgré la transgression des différents traités internationaux (dont le traité d’Algésiras et l’acte  franco-allemand de 1909) qui limitaient notre action militaire.

Le gouvernement français considère qu’il a des raisons sérieuses de marcher sur Fès et qu’il en a le droit et le devoir : toute puissance doit porter secours à ses nationaux menacés en pays barbare ! D’autre part, le sultan dont on vante l’indépendance, n’a-t-il pas le droit de demander secours à une puissance qui par ailleurs lui fournit des instructeurs militaires pour former son armée ?

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Le service médical qui accompagne la colonne pour donner des soins aux combattants mais également aux populations locales des tribus traversées … et non hostiles.

Une fois le sultan secouru, la ville délivrée, la politique de la France devra évoluer : on ne peut pas abandonner le sultan qui nous a fait confiance ; il faut lui donner les moyens de se maintenir, montrer aux tribus que notre aide n’est pas éphémère. Il faut donc le soutenir en lui indiquant quelques directions à suivre et par conséquent avoir une politique « indigène ». La France n’a, bien entendu, pas vocation à rester à Fès mais faire entrer un peu plus d’ordre au Maroc, renforcer le pouvoir du sultan, le préserver des fautes de son entourage et préserver les tribus soumises de la puissance excessive du Makhzen nécessitent de donner du temps au temps ! Sans s’installer il ne serait pas sage de partir trop vite si nous voulons des résultats durables.

Ce sont donc des troupes franco-chérifiennes, plus françaises d’ailleurs que chérifiennes qui partent, fin avril 1911, consolider le trône menacé par les Cherarda, les Beni-M-Tir, les Aït Youssi, les Beni-Ouaraïn, les Cheraga qui réalisent un véritable encerclement de la ville de Fès. (voir « Au secours de Fès » de Louis Capperon. Éditions Charles-Lavauzelle 1912)

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Le colonel Brulard surveille le passage de l’oued Bou Regreg

Devant la demande « pressante » de Moulay Hafid qui souhaite être secouru sans retard, le gouvernement français ordonne, le 13 mai, au général Moinier de « presser sans arrêt la marche de la colonne de secours pour débloquer Fès, dont l’occupation ne serait effectuée que pour le temps nécessaire ». La colonne Moinier était alors stationnée à Kénitra. Le général Moinier formera alors trois colonnes :

– la colonne Brulard forme le premier échelon du corps expéditionnaire et partira avec un effectif de 4 000 hommes dont un millier de goumiers à pied et à cheval.

– la colonne Gouraud formée d’environ 1 800 hommes a la mission d’escorter le convoi de vivres et de munitions.

– enfin le général Dalbiez doit constituer une troisième échelon de 2 000 hommes environ.

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Traversée du Bou Regreg

La résistance des tribus est moins grande que ce qui avait été annoncé ; les tribus assiégeantes se replient et finalement Fès est délivrée le 21 mai par le général Moinier et les troupes campent près de la casbah de Dar-Dbibagh.

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Arrivée à Fès le 21 mai 1911 de la colonne Brulard

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Arrivée à Fès de la colonne Brulard

 Le 22 mai Moulay Hafid reçoit le général Moinier et le consul Gaillard accompagnés de Dalbiez et Brulard.

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Le consul Gaillard et le général Moinier sortant du Palais du Sultan

La délivrance de la capitale ne saurait suffire, il faut maintenant pacifier la contrée ! et Moulay Hafid aurait accepté volontiers que nos troupes finissent le travail commencé : ce sera alors des expéditions vers le Zerhoun et le Zegotta, le poste de Petitjean (Sidi Kacem) est fondé le 1er juin 1911. C’est au cours de cette expédition du Zerhoun que le Dr Auvert sera tué.

On se porte ensuite sur Sefrou où on signale de l’agitation. En juin on occupe aussi El Hajeb et Meknès devient un centre militaire régional important. En fait comme il persiste une agitation latente  et que les petites unités stationnées dans les postes avancés sont régulièrement harcelées, les troupes françaises finissent par s’installer définitivement dans toute la zone.

L’entrée des troupes dans la vieille capitale du Nord en mai 1911 a finalement amorcé la pénétration complète du pays … ce qui était le véritable mobile de cette expédition « au secours de Fès ».

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Rentrée à Fès par Bab El Hadid de la colonne des Beni-Ouaraïn.

Il est d’ailleurs probable que Fès n’était pas dans la situation catastrophique décrite par notre consul sur place et que les périls sensés menacer  les européens et qui ont justifié l’intervention des troupes françaises n’ont été qu’un alibi destiné à permettre à la France de se présenter comme le défenseur désigné de la communauté européenne.

Pour Le Glay, l’occupation de Fès faisait partie des plans des militaires sur le terrain et de nos diplomates au Maroc. Il fallait trouver le moyen de la déclencher et si le but était le même – occuper Fès – militaires et civils n’étaient pas d’accord sur les moyens et le moment le plus propice  pour cette intervention. Le Glay décrit une rivalité entre d’une part les commandants Mangin et Brémond  et de l’autre le consul Gaillard. « Gaillard a un gros défaut. Il déteste les militaires. Mangin en a un autre qui est de s’estimer fin diplomate. Or, il est certain que travaillant l’un et l’autre vers un but commun, ils n’opèrent pas de concert et que Gaillard emploie une grande partie de son activité à défendre sa politique contre les ingérences du militaire et que les manœuvres de l’un et de l’autre sont discordantes. ….. Ils différent sur la façon d’utiliser les circonstances ».

Le militaire veut mobiliser l’opinion et le parlement en provoquant la  catastrophe brutale, en mettant le gouvernement en présence de faits tels qu’il soit contraint d’intervenir.

Le consul, qui représente localement la France depuis des années (les légations sont à Tanger et ne viennent à Fès en ambassade qu’épisodiquement), qui assiste à l’affaiblissement du gouvernement marocain, qui en suit et même en dirige les phases, s’efforce de conduire le jeu de telle sorte que le gouvernement français reste maître de son heure … qui sonnera fatalement.

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Colonne de Fez. Un camp provisoire

Chacun utilise ses réseaux pour faire remonter ou au contraire bloquer des informations, diffuser des « bobards nés dans le cerveau de deux ou trois affolés du mellah auprès desquels la presse française puise ses informations ». Le capitaine Le Glay dit aussi en parlant de Brémond et Mangin, ses supérieurs hiérarchiques, « Je sens fort bien qu’ils veulent m’inquiéter pour que ma correspondance le reflète auprès de M. Regnault (ministre français à Tanger) et de M. Etienne (ministre et parlementaire français, chef du parti colonial). Mais il est peu probable que je m’affole et surtout que je le laisse voir. ».

Gaillard sait que la France n’est pas libre diplomatiquement et qu’elle ne peut s’engager tout de go dans la politique marocaine. Il utilise lui aussi ses canaux pour diffuser les informations qu’il veut transmettre et placer la question marocaine devant l’opinion française. C’est ainsi qu’il héberge, chez lui à Fès, le Dr Weisgerber, médecin alsacien, un peu « touche-à-tout » qui est aussi le correspondant du journal « Le Temps ». Gaillard qui ne peut, du fait de sa situation de diplomate,  trop intervenir dans la presse, utilise Weisgerber pour préparer l’opinion publique française et travailler le parlement. « Ses chroniques, écrira Le Glay, sont de la plus haute utilité politique, je ne dis pas ce qu’il y a de plus exact. »

Voici le portrait que fait Charles-Tristan Pehau (pseudonyme de Charles Sallefranque) du Consul Gaillard, dans un article du Progrès de Fez, du 6 août 1933 :

« Étrange homme en vérité que ce Gaillard au savant bredouillement diplomatique, ennemi des militaires mais comme eux serviteur passionné de son pays et surtout mieux qu’eux, l’ouvrier essentiel du Protectorat.

Nous le voyons dans « Chronique Marocaine » se ménager avec une adresse infinie la faveur du Sultan en récriminant avec une indignation éloquente contre les malencontreux soldats qui élargissent l’occupation française autour de Casablanca, malgré les si légitimes doléances de Sa Majesté et de son makhzen glorieux, puis au sortir d’entretiens avec le Sultan, giberner avec les notables fassis et déplorer les fâcheuses méthodes d’un makhzen berbère au mépris de la saine tradition qui réservait aux doctes bourgeois de Fès les charges lucratives et le soin de faire suer les burnous.

Avec la même courtoise affabilité Gaillard recevait ensuite les émissaires des tribus révoltées et tout en leur conseillant de se soumettre il lamentait avec eux sur les injustices du gouvernement chérifien, son arbitraire et son désordre, son mépris de l’équité et du chrâ, il expliquait enfin avec un effroi savant à M.M. les consuls étrangers combien avec un tel gouvernement incapable et une rébellion aussi générale la situation n’allait pas manquer de devenir critique pour tous les chrétiens de Fès.

À ces négociations et à ses parlottes ne se bornait pas la tâche de Gaillard. Le plus délicat était certainement pour lui d’expliquer au gouvernement radical socialiste de Paris, ennemi des aventures coloniales, la nécessité d’une intervention plus active au Maroc d’autant qu’au Parlement Jaurès s’était institué le défenseur passionné du Sultan Moulay Hafid et qu’il le peignait sous les traits d’un prince philosophe et tolérant, populaire et ami des réformes, aux députés émerveillés à l’heure même où le Maroc presque entier secouait sa domination et où il n’osait sortir à un kilomètre des murs de sa capitale. »

Charles-André Julien dans le « Maroc face aux impérialismes 1415-1956 » écrit que « contrairement au récit falsifié, qui ne put être contesté jusqu’à l’ouverture des archives, Moulay Hafid ne fit aucune démarche autonome en vue d’obtenir la coopération de l’armée française ». Il aurait seulement accepté de signer un texte proposé par le consul Gaillard pour permettre de justifier une opération militaire déjà planifiée et décidée avant qu’il ne donne son consentement.

Voici ce texte : « Conformément aux promesses de votre gouvernement ami de nous prêter son appui en cas de nécessité nous avons demandé que la mehalla soit appuyée par une force française, destinée à la seconder et à lui prêter son concours pour atteindre le but poursuivi, c’est-à-dire de rétablir la paix dans ces régions et faire disparaître les causes de trouble et d’agitation, tout en préservant notre autorité chérifienne et l’importance de notre empire fortuné. »

La France pensait, en attribuant au Sultan l’initiative de l’appel à l’intervention des troupes françaises, éviter les récriminations des puissances étrangères concernées par le Maroc. Ce ne fut pas le cas.

Les espagnols réagissent les premiers, et utilisent, après avoir contesté l’intervention de la France, la même méthode début juin 1911 pour mettre fin à des troubles à Larache et Ksar-el-Kebir et occuper ces villes. Ces troubles pourraient avoir eux aussi été aussi spontanés que ceux qui ont conduit à l’intervention française à Fès !

Les allemands sortent la grosse artillerie, en juillet 1911 par l’envoi du bâtiment de guerre Panther devant Agadir pour protéger les entreprises allemandes du Souss. La situation se débloquera par la signature d’un traité en novembre 1911, où la France reçoit la pleine liberté d’action au Maroc pour préciser et étendre son autorité et sa protection. En contrepartie la France cède à l’Allemagne une partie du Congo, avec deux branches de territoire de l’Oubangui et de la Sangha.

Après différents petits arrangements entre « amis » – Allemagne, Espagne, Angleterre, Italie pour les principaux – la France a les mains libres pour préparer le traité de Protectorat.

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Généraux et officiers français dans la cour du méchouar

Livres à consulter :

Louis Capperon : Au secours de Fès Éditions Charles-Lavauzelle 1912

Charles-André Julien : le Maroc face aux impérialismes 1415-1956. Éditions J.A. 1978

Maurice Le Glay : Chronique marocaine, 1911, jusqu’à l’arrivée des français. Éditions Berger-Levrault 1933

Dr Weisgerber : Au seuil du Maroc moderne Éditions de la porte Rabat 1947