Image à la une : vue générale de Fès vue du borj sud

Conférence prononcée devant les « Amis de Fès » le 20 février 1941 par Si Ahmed Sefrioui. L’auteur a accompagné son exposé de la présentation du trousseau du nouveau-né. J’ai pu retrouver le texte de la conférence mais pas les photos du trousseau !

« Pour peu qu’on connaisse diverses régions du Maroc, on se rend compte assez facilement que chacune d’elles a ses traditions et ses rites particuliers. Dans un article très documenté paru en 1933 dans Hespéris, article extrait d’une étude de sociologie marocaine alors en préparation et intitulée « Le conflit de la pensée rituelle et de la pensée technique au Maroc » Charles Le Cœur examine un certain nombre de fêtes marocaines déterminées par les évènements de la vie : naissance, croissance, mariage. Mais l’auteur a pris soin de nous avertir que son étude était consacrée aux rites d’Azemmour.

À Fès, ville de la bourgeoisie opulente, ces fêtes prennent une importance toute particulière. Autant par ostentation, osons le dire, que par désir d’animer la vie familiale, le Fassi n’épargne rien pour organiser à ces occasions de brillantes manifestations.

La naissance notamment donne lieu à de nombreuses réjouissances. Elles signifient dans la tradition que « l’enfant, suivant les termes de Le Cœur, n’entre pas comme un petit animal dans un monde indifférent ; elles l’incorporent dans les groupes sociaux et moraux de l’Islam, de sa famille, de sa localité. » En effet, chacun de nous doit se considérer comme « une pierre du saint édifice de notre cité. »

« Chaque fois, disent mes spirituels compatriotes, qu’un Fassi arrive au monde, Allah fait naître en même temps dix campagnards pour le servir. » Heureux petit citadin, sois le bienvenu, tu mérites cet hommage ; tu seras la perle des commerçants ou l’un de ces artisans habiles, fiers de leur métier, qui ont toujours fait et continuent à faire la grandeur de la ville d’Idriss.

Heureuse aussi celle qui te porte dans ses flancs ! Ta présence a suffi pour la sanctifier.

Durant sa grossesse, la femme marocaine devient l’objet d’un profond respect. Non seulement on lui épargne les travaux pénibles, les fatigues, mais en cas de dispute avec la voisine elle n’a qu’à rappeler son état en s’écriant « rani bin rouhin », « je suis entre deux âmes », pour qu’aussitôt on la laisse en paix.

Ses moindres désirs doivent être satisfaits et il fut même un temps où, par ordre du mohtasseb les marchands de brochettes et les fruitiers se laissaient piller par les femmes enceintes, sans avoir le droit de réclamer le prix de leur marchandise. Car, imaginez-vous un Fassi naissant par la faute d’un boutiquier avare, une figue sur le nez, ou sur la joue, une grappe de raisin ?

Il arrive souvent à la future mère d’exagérer ses envies, et c’est au pauvre mari de s’exécuter … à moins qu’il ne préfère retrouver sur le bébé la trace de l’objet refusé. Et c’est parce qu’un grand nombre de maris s’exécutent qu’il nous est donné à nous, les flâneurs si amoureux de la vieille Médina, de contempler dans la pénombre des ruelles de ravissants bambins. À les regarder, on comprend combien on s’est efforcé d’écarter de la vue de leurs mères, les êtres et les images dont la difformité aurait pu influencer fâcheusement leur aspect.

On n’a pas hésité à demander quelques amulettes au fqih du coin, et au septième mois, nombre fatidique, la mère ou la plus proche parente de la femme vient lui coudre aux boutons du caftan la « serra », petit sachet noir quelquefois ornementé de fils d’or qui contient : de la « chebba » (alun), du « harmal » (plante médicinale, rue de Syrie ou rue sauvage) et quelques grains de sel. Ajoutez à ce précieux bagage une minuscule main de Fatma en perles noires.

Depuis quelques temps déjà on travaille au trousseau. S’il s’agit d’un premier-né, ce soin incombe à sa grand-mère maternelle, et c’est avec amour qu’elle confectionne ou fait confectionner la gentille « kharqa » de laine si moelleuse et si blanche qui, la première recevra les chairs encore tendres du nouveau-né. Elle constituera pendant six jours son unique vêtement ; la « mleffa », grand voile aux broderies violettes ou roses servira à l’envelopper entièrement. Il aura aussi une magnifique ceinture amarante, toute couverte d’arabesques d’or : la « semmata ». D’un rien de tissu, on s’amuse à faire une « mansouria » de poupée (tunique transparente) ou un « qmiss » (chemise marocaine) pour lesquels on n’épargne ni broderies ni dentelle à l’aiguille.

Les « riyyagas » ou bavettes sont taillées dans du taffetas ou de la belle mousseline. J’aurais dû dire « étaient taillées » ; aujourd’hui on les trouve toutes faites à Bab Moulay Idriss voisinant avec les brosses à dents et la crème Simon (crème à base de glycérine). Quelques bébés, surtout ceux du beau sexe, ont la chance de porter des « blousas », du mot blouse. Si étrange que cela paraisse, dans nombre de maisons, la jeune fille délaisse le caftan aux lourds plis et la mansouria diaphane pour cette étrange robe à demi-manches, froncée à la taille et arbore fièrement sur sa poitrine deux roses de ruban. L’enfant, dès ses premiers jours, se voit donc condamné à cet accoutrement.

Revenons à la grand-mère : elle complète la layette en préparant de quoi habiller le bébé depuis sa naissance jusqu’à l’âge de deux ans et un costume somptueux pour sa fille.

Sept mois, huit mois, neuf mois : le travail commence. On dépêche la qabla (accoucheuse traditionnelle)  appelée à remplir les fonctions de sage-femme ; c’est elle qui s’occupera entièrement de l’enfant pendant sept jours.

Les cris prolongés de l’accouchée s’entendent des maisons voisines et chacun de formuler des vœux pour une rapide et heureuse délivrance. La femme mêle à ses cris des noms de saints, des appels au Prophète (qu’Allah répande sur lui ses grâces et sa bénédiction), tout en s’agrippant des deux mains à une corde qu’on vient d’attacher à un clou planté dans le mur. Cette corde porte un beau nom : hbel Lalla Fatima Zohra. On rapporte que la noble fille du Prophète, l’heureuse mère de Hassan et Houcine, accouchait sans aide, en tirant simplement sur une corde.

Et c’est alors que la grand-mère arrive avec le « tbeq sghir » ou les objets de première nécessité : langes, jebbana de sellou (vase en céramique plein d’un mélange de farine grillée, de pâte d’amandes, de beurre et de sucre). Elle n’oublie pas de joindre un petit couteau dont se servira tout à l’heure la qabla, ainsi que deux aiguillées de soie verte et blanche.

Et maintenant, la chambre de l’accouchée est toute bourdonnante de voix et emplie d’une forte odeur de racines brûlées « Téléphium impérati » suivant le terme des botanistes. Toutes les parentes et amies sont là, et à mesure que les appels de la pauvre femme deviennent plus angoissants, leur chant s’élève grave et pur tel une prière. Une grande émotion s’exprime dans ces phrases naïves et malhabiles.

Voici la traduction d’un chant type : Sidi Bel Abbès ! Sauveur des accouchées, Aide cette noble fille, Ô Saint de Dieu.

Pour empêcher la douleur d’atteindre son paroxysme, on cloue une pointe au seuil de la pièce. Quand la délivrance est laborieuse, on fait boire à la patiente de l’eau de Bab Loufa, la fontaine bien connue de Moulay Idriss, ou celle qui a servi à laver le pouce du pied droit du mari. Le résultat est infaillible si on brûle dans la pièce des brindilles de bois provenant de sept marches d’escalier. L’effet se fait rarement attendre et les you-yous annoncent bientôt la fin de l’épreuve.

La qabla reçoit le nouveau-né dans une nappe immaculée : « derra del kef », signe de bon augure, ce qui fait dire d’un homme malchanceux « On l’a sans doute reçu dans un chiffon noir ».

Puis, sans révéler le sexe, la sage-femme coupe le cordon ombilical à quatre doigts de distance, l’éponge soigneusement, l’enveloppe et attend « khlass » ou placenta. Pour l’aider à descendre, on soumet la mère à diverses épreuves : souffler dans une bouteille, priser du tabac afin d’éternuer fortement et provoquer ainsi la descente. Si tous les procédés humains échouent, on fait appel à Dieu pour qui tout problème a sa solution immédiate. On s’adresse au  fqih  du quartier qui ordonne à ses élèves d’aller de mosquée en mosquée, une nappe « rda » tendue et tenue par les franges, au milieu de laquelle se balance un œuf, répétant en chœur cette phrase, toujours la même : « Une femme souffre de son accouchement. Seigneur, accorde-lui la délivrance. Nous t’adjurons par les versets de Taha et Yassin. Et le Coran merveilleux ». Cahoté, l’œuf finit par se briser : c’est le signe qu’Allah a exaucé la prière de tant de petits innocents.

Les révélations de la qabla concernant le sexe de l’enfant sont accueillies avec des you-yous de joie : ordinairement trois pour un garçon et un seulement pour une fille.

La mère exténuée grimpe sur son lit derrière la « derraqa » rideau qu’il est d’usage de mettre à cette occasion. On lui fait prendre des œufs crus et du « dadeffi ». Le dadeffi est un potage où entrent diverses épices, de l’ail et du « flyou », variété de menthe pouliot.

Le père qui s’était tout le reste du temps écarté du théâtre d’opération, vient murmurer à l’oreille du nouveau-né la profession de foi musulmane : « Il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et Mohammed est l’envoyé d’Allah », cette même formule qui accompagnera le dernier soupir.

L’enfant occupe la chambre de sa mère, il dort sur son matelas de laine très mince : « la lhifa » recouvert d’une toile cirée ou d’une peau de chèvre : « la mqara ».

Demain la cérémonie du henné. Sur un plateau encadré de deux cierges allumés, on place un pain de sucre, un paquet de menthe et une assiette contenant un mélange de henné, de marjolaine pilée, de menthe, d’huile, de sel et de sucre dans lequel nagent trois ou cinq œufs.

Tout le corps du bébé sera frotté avec cette composition.

Si on a le malheur de mélanger le sel et le sucre (même par le temps qui court), le caractère de l’enfant s’en ressentira durant toute sa vie : son aspect physique, sa conversation, son sourire, tout ce qui fait le charme d’un homme sera fade et on dira de lui : « Il n’a ni grâce, ni sel ». Par contre, on appréciera une gracieuse jeune fille en disant : « elle est douce » ou bien : « c’est un vrai bonbon ».

Les visiteuses qui assistent à la cérémonie du henné offrent une petite somme d’argent à la qabla, c’est la « Bchara ». D’autres s’acquitteront de cette formalité le septième jour, le sabaâ. « Les réunions de femmes sont semblables à celles des grenouilles, elles se passent à faire du bruit », dit un dicton populaire. Les Fassis se gardent bien de le démentir. La fête du henné ne va pas sans « tatqil », (salut et bénédictions sur le Prophète) et force you-yous (chœur des femmes). Les jours suivants, les tams-tams et les taârijas feront rage (petit instrument de musique à percussion digitale, en forme de sablier. Il est recouvert d’une peau de chèvre et la caisse est en poterie vernissée).

Confit dans l’huile et les plantes aromatiques, l’enfant attendra le sixième jour pour être lavé soigneusement et quitter enfin la « kharqa », la petite tunique de laine, pour un costume plus décent : chemise, « mansouria », langes propres maintenus dans la « semmata ». La tête sera recouverte d’étoffe : « el bakhnouq » que fixera une bande de soierie « cheddada ».

Dès le troisième jour, sur la petite figure toute rouge, la qabla dessine à l’aide de « khôl messoussa » (antimoine brûlé) cils et sourcils.

Les jours s’écoulent rapides et le sabaâ (septième jour) approche. Des zerzaya apportent de la farine, du sucre, du café, du sellou (mélange de farine grillée, de pâtes d’amandes, de beurre et de sucre). L’un d’entre eux entraîne même un mouton récalcitrant. D’autres zerzaya portent bien en évidence le berceau en cèdre (mhed), l’auge de bois où sera lavé le linge de l’enfant, la « jefna », et la « chellala », corbeille en roseau tapissée de tissu qui servira à serrer ses langes.

Des you-yous attirent les voisines curieuses de voir si tout a été fait suivant la qaïda (coutume) ; elles savent que c’est « mchebek » ou le cadeau de la grand-mère qu’il est d’usage d’envoyer le cinquième jour. La qabla s’est chargée de faire les invitations, toutes les amies ont été prévenues verbalement.

Le sixième jour, elles assistent à la toilette du bébé : la qabla se sert d’eau tiède contenue dans une bassine de cuivre « tass » pour laver soigneusement tout le corps. Deux cierges brûlent pendant la cérémonie. Savonné, frotté et pomponné, l’enfant attendra le septième jour pour faire solennellement le tour de la demeure. C’est aussi ce jour-là qu’il recevra son nom, au moment même où l’on égorge un mouton, sans doute pour le racheter, c’est la « âqiqa ». Autour de la cour intérieure, on dispose des matelas ; un orchestre de musique andalouse attaque hardiment ses interminables « anana » (syllabes dénuées de sens que le chanteur utilise pour prolonger son improvisation), tandis que les invités sirotent doucement leur thé à la menthe.

« Au nom de Dieu, prononce le scarificateur – soit le père, soit un simple boucher -, je te nomme Tel, fils de Lalla Telle », ou si vous préférez, prenons un exemple : « Je te nomme Mohammed, fils de Lalla Fatma ». Une tradition populaire, qui a sa valeur symbolique, explique ce rite : le jour du Jugement dernier, nous serons appelés un par un pour répondre de nos actes devant le Créateur. Notre nom sera suivi de celui de notre mère. Ainsi le veut Dieu, le principe de toute bonté, pour épargner aux enfants naturels, la honte d’être reconnus publiquement comme le fruit du péché.

Le premier-né d’une famille reçoit généralement le nom de Mohammed si c’est un garçon, de Fatma, si c’est une fille. Cette habitude n’a pourtant rien d’obligatoire, on peut tout aussi bien choisir le nom d’un parent défunt, généralement le nom du grand-père ou de la grand-mère paternels. Aujourd’hui, mais c’est un secret entre nous, la mode veut que nos filles soient affublées de noms d’actrices égyptiennes, tels que « Badia, Nadra, Naïma » etc.

Ne médisons pas trop du modernisme et revenons au sacrificateur qui, près du « qadous » (égout), au son des violons et des luths égorge le mouton rituel. Le sang jaillit, mais pas aussi prompt que les you-yous des spectatrices invisibles derrière le grillage des fenêtres ou le moucharabieh des balustrades. Indifférents à leurs clameurs, les « aliyine» (musicien-chanteur) continuent qui à racler ses cordes, qui à rythmer sur son tambourin un air que personne n’écoute.

Après un repas somptueux, les hôtes quittent le maître de céans et lui expriment en termes choisis leurs meilleurs vœux. Le soir la qabla emporte trois pains.

Apparemment, la fête est terminée mais les Marocaines, surtout celles de la classe aisée, ne l’entendent pas toujours de cette oreille. Durant trois jours nommés à juste titre : le « rajoutis », elles vont se livrer, sans souci de fatiguer l’accouchée, à leur jeu favori qui consiste à faire le plus de bruit possible, car c’est du bruit que dépendra le succès de la fête. On parlera longtemps du baptême de « untel » parce que l’on a joué du tam-tam pendant trois jours et trois nuits. Je plains sincèrement les habitants du quartier. Vous me comprendriez mieux si vous aviez entendu la « tahdira » (rituel musical à base d’instruments à percussion) que jouent la maâlma et ses compagnes Les visiteuses finissent par partir, non sans s’être prodiguées mutuellement force embrassades et fermes promesses de se revoir.

La qabla emporte, en plus du produit de la Bchara, le restant des cierges du cérémonial, du sucre et peut-être même un peu d’argent. Et lors des principales fêtes, on n’oubliera pas de lui faire quelque cadeau. Ainsi à l’Aïd Sghir, Aïd el Fitr, elle aura la « fatra », c’est à dire la mesure de blé que chaque Musulman doit donner aux pauvres pour sanctifier ses trente jours de jeûne.

Les fêtes de relevailles se célèbrent ordinairement quarante jours après la naissance. La jeune mère accompagnée de ses amies, proches parentes ou voisines se rend au hammam. Les masseuses prévenues de son arrivée, accourent se mettre à ses ordres. Elles auront pour salaire quelques pièces, deux cierges à moitié consumés, du sellou et du sucre. C’est tout habillée que la jeune femme pénètre à l’intérieur du bain dans un vacarme de you-yous. Ruisselantes, échevelées, les deux masseuses avancent gravement la torche au poing : « Salut et bénédiction sur le Prophète, il n’y a pas de grandeur que celle de Mohammed », clament-elles d’une voix sonore et les you-yous de redoubler, renvoyés par mille échos. On procède au déshabillage de la « nfissa» (femme qui vient d’accoucher).

Les saints participent chez les femmes à tous les actes ayant un caractère sacré. Ainsi pendant la cérémonie, on poussera des you-yous en l’honneur de tous les saints populaires : « Un you-you pour Moulay Idriss ». Même les femmes qui se trouvent là par hasard et ne connaissent nullement l’accouchée poussent leur cri strident pour être agréables au patron de la ville. « Un you-you pour Moulay Abd el Kader Jilali ». Des Jilali, il s’en trouve partout et les hurlements partent de tous les coins.

Après le déshabillage, la toilette, c’est le retour à la maison où les invitées privilégiées passeront encore quelques jours à faire du tapage.

Demain l’enfant sera présenté aux saints de la ville. Le « moqadem », après avoir glissé dans le tronc aux offrandes l’argent et les cierges que la mère vient de lui offrir, ira porter l’enfant sous la couverture en drap rouge du catafalque. Le petit Fassi ou la petite Fassia sont ainsi offerts à Dieu et mis sous la garde des protecteurs de la ville.

Pour finir, je vous confierai, sous le sceau du secret bien entendu, qu’un de mes amis, un Fassi très évolué m’a déclaré récemment à l’occasion de la naissance de sa fille : « Je viens de rompre avec les qaidas. J’ai fait transporter ma femme dans une clinique où elle a été soignée sans l’aide de la qabla. Le sabaâ fut réduit au sacrifice rituel du mouton ».

J’ai applaudi pour deux raisons : la première qu’il ait songé à conserver au moins le rite du sacrifice du mouton, la seconde qu’il ait épargné à ses voisins plusieurs nuits sans sommeil ».

Si Ahmed Sefrioui est un fasi authentique, né en 1912 à Fès, de parents originaires de Sefrou où son père était un modeste artisan d’extraction berbère.

Après l’école franco-arabe du quartier, où il entrevoit pour la première fois des connaissances plus larges, plus ouvertes, que celles reçues dans le Mçid,  Si Ahmed Sefrioui entre au Collège musulman Moulay Idriss de Fès qu’il fréquente avec succès.

Il reçoit en 1948 le Prix littéraire du Maroc pour son roman « Le chapelet d’ambre ». En 1954, il publie son deuxième roman intitulé « La boite à merveilles ». En 1973, paraît, en Algérie,  « La Maison de servitude » et Ahmed Sefrioui publie en 1989, sa quatrième et dernière œuvre de fiction, « Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes », recueil de contes inspiré de la littérature orale populaire.

Si Ahmed Sefrioui est un des animareurs et des conférenciers de l’association des « Amis de Fès » et de l’ « Alliance française » dont il sert précieusement les recherches de documentation du folklore marocain.

Il s’éteint le 25 février 2004 à Rabat.