Image à la une : le Lycée Mixte de Fès vers 1935. C’est cette photo du lycée qui illustre l’article « Ceux qui s’en vont » en première page du « Courrier du Maroc » du 4 novembre 1937 lors du décès de M. Charles Basti, premier proviseur du Lycée. Le portrait de M. Basti est ajouté en médaillon avec la légende : M. Basti et son œuvre : le lycée de  Fès. « Il transforma en un vrai lycée le modeste cours secondaire dont la ville de Fès, jusque là s’était contentée ».

J’ai participé à Fès il y a quelques jours à une table ronde sur « L’Esprit de Fès » organisée par Faouzi Skali, à l’occasion de la 12ème édition du Festival de Fès de la Culture soufie. Avec Faouzi, ancien élève comme moi du Lycée Mixte – aujourd’hui Lycée Ibn Hazm – de Fès, nous avons évoqué lors de ce débat l’originalité de ce lycée « mixte » : mixité socio-culturelle, mixité des élèves européens et marocains, de religions différentes – chrétiens, musulmans, juifs – et surtout, ce qui lui a valu ce qualificatif de « mixte », des classes accueillant filles et garçons, ce qui n’était pas la règle dans les années 1930. Il n’a  d’ailleurs jamais porté le nom d’un illustre personnage et s’est « contenté » du nom de Lycée Mixte.

Après cette table ronde, j’ai eu envie de retrouver mes notes-repères sur l’histoire de « notre » lycée.

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Le Lycée Mixte de Fès, fin des années 1950

Situation de l’enseignement secondaire européen au Maroc au début du Protectorat français, en 1912.

Dès le début du protectorat un Service de l’enseignement est créé (Bulletin officiel du 1er novembre 1912). Deux ouvrages (Historique – 1912 à 1930 – de la direction générale de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Antiquités au Maroc et L’œuvre française en matière d’enseignement au Maroc de R. Gaudefroy-Demombynes) renseignent sur l’organisation de l’enseignement à cette période.

Schématiquement on peut dire que jusqu’en 1930, l’enseignement secondaire européen au Maroc n’a d’organisation distincte que dans les grands centres urbains de Casablanca, Rabat et Tanger. Ailleurs, il y a cohabitation de l’enseignement primaire supérieur (après l’école primaire mais qui relève de l’enseignement élémentaire) et de l’enseignement secondaire : les deux types d’enseignement se développent en liaison l’un avec l’autre soit par annexion d’un enseignement primaire supérieur à un collège existant (cas d’Oudjda), soit par annexion d’une section « d’humanités » à un enseignement primaire supérieur comme à Fès et à Meknès.

Les programmes de l’enseignement secondaire français sont appliqués ; on ne peut imposer des programmes originaux à des élèves dont les familles ne sont pas, en principe, fixées définitivement au Maroc, même si une circulaire d’août 1920 recommande de donner un développement particulier aux parties du programme  intéressantes pour le Maroc

Situation à Fès

En 1918 s’ouvrent, avec quelques élèves, les cours secondaires mixtes de Fès et de Meknès. Les circulaires d’août 1920 précisent méthodes et programmes et les cours secondaires de Fès et de Meknès sont transformés en écoles primaires supérieures groupant à la fois garçons et filles. Mais comme il était impensable de priver les enfants de ces deux villes des moyens d’entreprendre des études secondaires, on adjoignit à l’école primaire supérieure des « cours d’humanités ».

Cette association de deux enseignements (primaire supérieur et secondaire) permettait, outre une économie matérielle et budgétaire, de mettre en place un enseignement souple et adapté au besoin d’une clientèle désireuse à la fois d’acquérir une instruction immédiatement utilisable et de se ménager quelques chances d’accès vers une culture plus riche.

En octobre 1929, l’école de Fès conduit ses élèves au seuil de la classe de 1ère (celle de Meknès a pu conduire quelques élèves à la première partie des divers baccalauréats).

Cette école primaire supérieure/cours secondaire est l’ancêtre de notre lycée mixte et des témoignages de Mme Cleemann (Lisette Hayon) retrouvés dans la revue Salam (organe de liaison des Anciens des lycées et collèges du Maroc) laissent penser que l’école avait quitté Boujeloud et « les ruelles du Talaa » pour la ville nouvelle et l’avenue de France en passant par l’avenue Maurial (École Régimbeau). Un plan de la ville de Fès dans le guide bleu de 1929 mentionne un cours secondaire avenue de France ; il montre également l’absence de lycée à son emplacement actuel même si l’avenue des Sports et le stade voisin existent déjà.

Des recherches effectuées au Centre des archives diplomatiques de Nantes indiquent clairement qu’il n’existe pas de lycée à Fès à la rentrée 1929-1930 :  un document administratif le confirme. Les directeurs d’établissements secondaires doivent établir à la rentrée scolaire un « état nominatif des indigènes marocains musulmans et israélites » qui fréquentent leur établissement : un document du 19 octobre 1929 fait état d’une liste de 15 élèves de la 6ème à la 2de inscrits au « Cours secondaire et à l’école primaire supérieure de Fès » et l’en-tête <lycée de …> est barrée.

Le directeur précise que tous les élèves indigènes marocains sont israélites. Le plus jeune a 13 ans, les plus âgés 18 ans. Les premiers étaient scolarisés dans l’établissement depuis 1926 ; 12 d’entre eux étaient auparavant scolarisés à l’école de l’Alliance de Fès, et 3 à l’école primaire de Fez Ville nouvelle (école de l’avenue Maurial – avenue Slaoui). Les parents sont essentiellement commerçants, mais il y a un notaire, un négociant et un industriel « protégé anglais ».

À titre d’information voici la liste nominative de ces premiers élèves du cours secondaire : Robida Cohen ; Meyer Obadia ; Samuel Benaïm ; Albert Mansano ; Estrella Assouline ; Rachel Troujman ; Rahma Chécoury ; Élie Danan ; Élie Botbol ; Sultana Benarosh ; Fortunée Danan ; Yacot Assouline ; Joseph Benrimokh ; Fréha Bensimhon ; Marcelle Maïmran.

Des élèves indigènes musulmans sont mentionnés les années suivantes : ils sont souvent, en particulier avant 1936, d’origine algérienne et de père « citoyen français ». Ces élèves musulmans sont peu nombreux avant 1940. J’ai retrouvé « l’état des élèves musulmans inscrits au Lycée Mixte de Fès en 1940 » : il y a 22 noms dont 9 « marocains », 10 « algériens » et 3 « tunisiens » sur plus de 600 élèves répartis en une trentaine de classes.

L’existence à Fès du Collège musulman Moulay Idriss explique que le Lycée Mixte accueillait peu d’élèves musulmans ; par contre à Oujda où il n’existe aucun collège franco-musulman, les Marocains sont acceptés dès 1934 et constituent assez rapidement le quart des effectifs.

Mais revenons à l’histoire du Lycée Mixte : l’ouverture du lycée à son emplacement actuel, date de la rentrée scolaire 1931-1932. Dans un discours prononcé en juin 1931, à l’occasion de la « distribution solennelle des prix » au cours secondaire de Fès, le général Ducla, commandant la Région de Fès, annonce la création du Lycée de Fès :

Tout d’abord créé sous la forme d’une école primaire supérieure comportant une section « Humanités », cet établissement a vu s’adjoindre un Cours Secondaire qui est devenu rapidement florissant. Le nombre croissant des élèves qui, de 67 en 1926, est passé à 114 en 1931, les nombreux succès remportés aux concours généraux du Maroc ont chaque année appelé l’attention des autorités du Protectorat sur le travail si intelligent et si efficace accompli par les membres enseignants de cette École. Cette année encore, trois citations au Concours général se sont ajoutées à son Livre d’Or …
Tant d’efforts devaient heureusement influencer l’évolution rapide du Cours Secondaire. M. le Directeur Général de l’Instruction Publique a tenu à marquer toute sa satisfaction de tels résultats en faisant du Cours Secondaire un Lycée auquel il donne des locaux conçus d’une façon tout à fait moderne et situés dans un site particulièrement agréable près du Stade « Lucien Saint » …  M. Gotteland a eu, d’autre part, l’heureuse idée de créer des classes élémentaires qui deviendront ainsi un réservoir tout indiqué pour les classes proprement secondaires du Lycée.

Le lycée s’installe donc avenue des Sports et près du Stade « Lucien Saint », du nom du résident général de France au Maroc.

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Cliché de 1935. Au premier plan la piscine et le stade de football avec sa piste en cendrée. À droite l’avenue des Sports qui deviendra l’avenue Lartigue en mars 1941. Au fond et à gauche de l’avenue, le Lycée Mixte : le bâtiment de façade est terminé ; on distingue le « jardin à la française » et encore plus à gauche le grand pré planté d’oliviers, limité par le « ravin » de la voie ferrée qui longe en contrebas le terrain du lycée. Perpendiculaire au lycée, et devant le jardin, le terrain de sport. La salle de musique ne paraît pas être construite. Le bâtiment des sciences physiques, chimie, géographie et dessin sera construit sur l’oliveraie.

Yvon Politi et Yvan David, deux des premiers élèves, m’ont parlé de la construction du lycée par étapes, tout d’abord la partie gauche avec un étage et le logement du proviseur, la salle de sport et les toilettes, à droite des salles de classes en rez-de-chaussée. La partie centrale avec le bureau du proviseur est construite vers 1934 en même temps qu’un étage est ajouté sur la partie droite. Plus tard encore, vers 1935/36, la salle de musique et les toilettes, côté droit, sont construites.

Dans les années 1935-1936 les allées sont tracées dans la cour et une séparation des filles et des garçons dans la cour de récréation est mise en place. Cette initiative fait long feu, les nécessaires déambulations pour rejoindre les salles de classe où les cours sont toujours mixtes, obligent le maintien d’une heureuse mixité dans les zones de transfert et rendent inopérante la logique administrative ! La cour et le lycée resteront mixtes.

Voici ce qu’écrit Christiane de Plas (Gandar) dans un article de la revue Salam :

Ce lycée était beau, gai et aéré. Les deux grandes portes, celles des élèves, celle des professeurs, que précédait un jardin toujours fleuri, ouvraient sur un autre jardin « à la française », garni d’innombrables rosiers, qui séparaient la cour des garçons de celle des filles ; les allées de ce jardin étaient réservées aux professeurs.

Au fond, un grand pré planté d’oliviers, bordé d’un côté par le terrain de gymnastique et son portique rassemblait tout le monde. Lorsque juin arrivait, les cours avaient quelquefois lieu à l’ombre bienfaisante des oliviers ; et l’on comprenait mieux Virgile, si d’autres classes n’avaient pas eu la même idée.

Tout le monde se connaissait et les idylles ébauchées ou menées assez loin alimentaient les conversations. La mixité des classes renforçait l’émulation, et le prix d’excellence était âprement disputé. Nous travaillions par deux, en dehors des cours, gagnant ainsi un temps précieux pour apprendre nos leçons. Il nous arrivait d’écrire des poèmes, une fois les versions terminées ; et de nous confier nos secrets. Alors que nous voyions sans cesse les garçons de la classe, nous trouvions le moyen de communiquer avec certains d’entre eux avec des morceaux de craie savamment creusés, contenant de précieux billets. À treize ans il est toujours bon de rêver. Nous nous voyions souvent en dehors des cours, toujours perchés sur nos bicyclettes, et allions nous baigner à la piscine municipale ou à Aïn-Chkeff où l’eau était glacée…

L’administration centrale du lycée n’est composée au début que du proviseur et du surveillant général, l’adjonction du censeur se fait vers 1940.

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Cliché des années 1935/36. Côté gauche, au centre, le lycée, bâtiment en longueur avec son étage et les deux portails : des élèves à droite, des professeurs à gauche. Le terrain vague, de forme rectangulaire, sera le terrain de sports des garçons à partir de 1942. Les filles garderont le terrain de sport à l’intérieur du lycée. Au premier plan le toit de l’immeuble du Courrier du Maroc. Au centre la rue de Serbie, qui se prolonge vers le Lycée par la rue de Tunisie

Les archives de la Bibliothèque nationale de France m’ont permis de consulter les collections du Courrier du Maroc à partir de janvier 1934, malheureusement elles n’existent pas pour la période qui nous intéresse le plus c’est-à-dire 1930-1931 où le lycée se construit.

J’ai retenu quelques éléments d’information sur la vie au lycée mixte :

en janvier 1934 : le proviseur fait « parcourir les bâtiments récemment aménagés » donc construction par étapes ce qui confirment les informations des deux « anciens ».

en avril 1934 : grande fête sportive du lycée avec des articles sur les équipes de tennis du lycée.

en juillet 1934  : distribution des prix à l’Empire jardin d’été ; la liste des élèves récompensés montre qu’il y a toujours coexistence d’une filière d’enseignement secondaire et d’une école primaire supérieure, que la scolarité s’arrête en 1ère et que trois garçons et trois filles, anciens élèves du Lycée Mixte de Fès (LMF) sont reçus au bac philo préparé à Meknès.

en septembre 1934 un article polémique dans la Dépêche de Fès remet en cause l’agrandissement de l’internat de Meknès aux dépens du LMF où il n’y a toujours pas d’internat. Des solutions sont proposées :

  • construire un internat dans la cour du lycée,
  • rajouter un étage au lycée « comme prévu dans le plan initial » pour faire l’internat,
  • enfin si on veut séparer les garçons et les filles construire un lycée de filles sur le terrain « cédé par la ville à côté de la gendarmerie ».

en novembre 1934 : lors d’une séance du conseil municipal la question de l’aménagement du terrain d’éducation physique est posée : « On a examiné l’opportunité d’une utile mitoyenneté de la salle d’éducation physique projetée au stade, cette salle sise entre le stade et le lycée pourra servir facilement aux deux établissements ».

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Cliché des années 1940. Côté gauche, au milieu le stade scolaire des garçons avec son portique qui existait – en fort mauvais état – il y a encore 3 ou 4 ans. L’idée de l’utilisation régulière des installations du stade municipal a été abandonnée

en juin 1935 : les sorties scolaires sont déjà d’actualité, un article du Courrier du Maroc relate une excursion des élèves du LMF à Volubilis.

en octobre 1935 : rentrée scolaire sans problème si ce n’est toujours l’absence de classe de philo et d’internat. Michel Kamm (père) journaliste écrit « le lycée de Fès, dont le programme de construction était à peu près terminé l’an dernier, n’a subi dans son ensemble aucun changement d’aspect ». 400 élèves sont scolarisés et un « phénomène particulier cette année a été l’envahissement de la classe de 6ème : 140 élèves ! … Il a fallu former quatre divisions. Une de sixième A, deux de sixième C, et une section pratique créée cette année … Monsieur BASTI est toujours l’actif proviseur… »

en septembre 1936 : création d’une section commerciale dans le but de former des employés de bureau et des auxiliaires commerciaux et de donner une instruction professionnelle et technique pour faire une carrière commerciale. La scolarité durera trois ans avec ouverture de la première année en octobre 1936. Le programme est ainsi défini pour la première année :

  • une partie générale assurée par les professeurs du lycée
  • une partie professionnelle assurée par des techniciens
  • comptabilité, droit économique, dactylo et sténographie

Il est également précisé que « l’on attachera une importance particulière à l’enseignement de l’arabe » et que « la création de cette section revêt un caractère d’intérêt public et social … les parents réfléchiront à orienter leurs enfants vers des carrières d’accession facile et pratique au lieu de continuer à les lancer sans beaucoup de discernement vers la poursuite de diplômes qui ne créent actuellement que des chômeurs intellectuels (embouteillage de la fonction publique) …» L’école, usine à chômeurs n’est donc pas une notion récente !!

en octobre 1936 : trois nouveaux enseignants : Mlle Bombal remplace Mlle Teboul comme professeur d’arabe. Mr David de retour du service militaire devient professeur d’allemand (en remplacement de Mlle Lefait) et Mr Sertilange, professeur de mathématiques succède à Mr Porta nommé à Casablanca. MM. David et Sertilange étaient toujours enseignants dans les années 1960 !

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Classe de troisième. Année 1936-1937

le 22 mars 1937 : création de l’association des parents des élèves du lycée. La soixantaine de parents présents approuve les statuts, élit un comité de dix membres qui votent à bulletin secret pour déterminer les fonctions de chacun. Le premier président est Maître Trésorier, avocat.

le 29 avril 1937 : annonce de la création en octobre 1937 de la classe de philosophie au lycée et du recrutement en cours d’un titulaire pour le poste. « … Grâce à cette création, notre grand établissement universitaire (sic) conduira les étudiants dans tout le cycle des études jusqu’au baccalauréat inclus (2ème partie ). »

le 1er juillet 1937 : distribution des prix sans solennité « dans la plus stricte intimité », le proviseur Mr Basti étant malade, absent et en France, le surveillant général Mr Parent fait fonction de proviseur. La cérémonie a lieu dans le préau du lycée (et non au cinéma l’Empire comme d’habitude), il n’y a pas de discours mais seulement la lecture du palmarès et du tableau du personnel.

en octobre 1937 : ouverture de la chaire de philosophie confiée à Mr Boulard. À côté des élèves de la classe de philo du lycée, les bacheliers du collège musulman suivront au lycée les cours de philosophie et auront eux aussi, à Fès, un cycle complet des études secondaires. M. Boulard sera mobilisé en 1939, à la Section d’infirmiers de la garnison de Fès … et arrêté en avril 1940 pour « détention de littérature communiste ».

le 4 novembre 1937 : décès de M. Basti proviseur du lycée. Il sera remplacé par M. Amourel

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Professeurs année scolaire 1937-1938 : au 1er rang, 3ème à gauche Mme Cleemann, 4ème à gauche Mme Bombal ; au centre le proviseur M. Amourel, à sa gauche, avec des lunettes M. Parent, surveillant général. Au  2ème rang, 2ème à gauche M. David, au centre avec des lunettes M. Sertilange.

novembre 1938 : un cours d’agriculture est créé au Lycée de Fès (un cours identique, avait été ouvert à Port Lyautey quelques semaines avant) et compte 25 élèves à ses débuts. Les cours sont assurés par M. Laithier, directeur de la ferme expérimentale, M. Chaulet, inspecteur régional de l’élevage, M. Bleton, inspecteur de la défense des végétaux.

Ce cours, mis en place sous la houlette du proviseur Amourel, se veut pratique avec un enseignement dépouillé de l’inconvénient « livresque». Il s’agit d’une expérimentation avec des enfants de différents âges, de différentes classes, réunis sur les mêmes bancs. Il est prévu à la rentrée de 1939 d’ouvrir un cours de seconde année permettant de séparer les élèves en fonction de leur niveau, avec le projet d’une troisième année en 1940. À plus long terme, on envisage la création d’une grande école d’agriculture marocaine type Maison Carrée ou Sidi Bel Abbès en Algérie.

L’idée est que les familles liées au monde agricole d’une façon ou d’une autre, seront intéressées par une éducation spécifique pour préparer leurs enfants à prendre un jour les commandes de la ferme.

Il est prévu à l’origine que ces cours soient mixtes, franco-marocains, et que le Collège Musulman fournisse un contingent d’élèves au Lycée : les travaux pratiques doivent se dérouler à la ferme expérimentale, domaine d’état, donc bien commun des français et des marocains.

J’ignore si le cours d’agriculture du Lycée mixte a été reconduit à la rentrée 1939. En effet j’ai retrouvé la trace de la création d’une Section agricole à l’École française de Boujeloud le 15 ou le 21 octobre 1940, selon les sources. Je ne pense pas qu’il y ait eu coexistence de deux enseignements agricoles à Fès. Cette section agricole était destinée à des élèves pourvus du certificat d’études primaires ou âgés de plus de 14 ans. La durée des études était fixée à 2 ans et un diplôme était décerné aux élèves admis à l’examen de sortie. Un concours d ‘entrée pouvait avoir lieu en fonction du nombre des candidats. Cette section était encore active à la rentrée 1944-45, sous l’appellation « Cours complémentaire de Boujeloud » qui fonctionne alors avec un internat réservé aux élèves européens.

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Classe de philosophie en 1939. Les élèves du collège musulman Moulay Idriss suivent les cours avec les élèves du Lycée Mixte.

– en octobre 1939 : création de la chaire d’Espagnol

– en novembre 1940 : décision de construire le pavillon scientifique du lycée, au fond de la cour, en bordure  de la voie ferrée. D’une surface de 240 m2 et d’une valeur de 150 000 francs, il est réalisé … en 1947 par l’architecte Gaston Goupil  de Meknès qui avait déjà réalisé le groupe scolaire de l’avenue Maurial.

à la rentrée 1941-1942 : ouverture d’une classe de Mathématiques élémentaires pour les bacheliers. En 1942, ouverture d’une section Philo-sciences (Sciences-ex).

fin 1941 : le stade scolaire derrière la gendarmerie est en voie d’aménagement et les travaux sont terminés au premier trimestre 1942 Ce stade est construit sur une partie de la parcelle réservée pour le lycée de jeunes filles.

à la rentrée 1943 : M. Caillat est le nouveau proviseur en remplacement du proviseur Amourel.

en 1950 : après la réalisation en 1947 du pavillon scientifique au fond de la cour il était prévu d’ouvrir à la rentrée d’octobre 1950 deux salles supplémentaires : une salle de dessin et une salle de géographie « munies l’une et l’autre de l’appareillage le plus moderne ». Des négligences ont retardé les travaux et les salles ne seront disponibles que dans le courant de l’année 50-51.

Ces dernières salles achèvent la construction du lycée. Le Lycée Ibn Hazm actuel est identique  au Lycée Mixte de 1951

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Lycée Mixte dans les années 1950

Et l’on reparle du lycée de jeunes filles.

Dès la création du lycée, la question de la construction d’un lycée de jeunes filles, avec internat, a été posée et en 1934 on avait envisagé d’utiliser un terrain cédé par la ville près de la gendarmerie, sans qu’aucune décision ne soit finalement prise.

Le projet refait surface en avril 1943 ! à la commission municipale où l’on reparle de « cette importante question » sous forme d’un projet d’échange immobilier entre la ville de Fès et le service des Domaines.

Petit rappel historique : en vue de la construction d’un lycée de jeunes filles et de l’internat, deux parcelles de 30 000 m2 environ, dans le quartier de l’Aguedal extérieur, avaient été réservées à la direction de l’Instruction Publique (I.P.).

Mais, l’ I.P. n’ayant rien décidé, une partie du terrain est récupérée pour construire la gendarmerie, puis une autre parcelle pour l’agrandir et construire la caserne et le restant y passe pareillement pour construire le stade scolaire du lycée en 1941 !

La direction de l’I.P avait accepté ces mutations du terrain à condition que la ville lui trouve un autre terrain. La ville avait proposé alors un terrain bordant la rue de Castries : c’est grosso modo le terrain situé en face de l’ancienne foire artisanale – actuellement mosquée Tajmouati – où sera ensuite construite l’école de l’Aguedal -.

C’est plus petit (20 000 m2) mais suffisant car l’I.P. avait abandonné l’idée de construire à côté du lycée de jeunes filles, l’internat pour les garçons : le dédoublement du Lycée mixte doit libérer des locaux qui seront transformés en internat pour garçons.

En échange de ce terrain, la ville obtenait des Domaines la propriété des terrains du stade municipal. Mais la hausse des terrains étant passée par là, la ville estime, en 1943, que son terrain en face de la foire, en bordure du boulevard allant du centre à la gare vaut davantage et réclame, en plus des terrains promis du Stade (43 000 m2) … déjà construits et donc sans grande valeur, la partie domaniale du Parc de Chambrun (soit 155 000 m2) !

En fait la ville  (ou tout au moins ses architectes) n’est pas très intéressée par perdre le terrain du centre-ville et de nombreux arguments sont avancés pour dissuader les tenants du projet de construire le lycée à cet endroit : « l’I.P. a tort de créer un lycée sur une voie publique d’aussi intense circulation », « ce lycée sera trop central ! « et « une certaine servitude d’arcades peut si elle n’est pas respectée sur une partie de la façade de cette rue rompre l’harmonie du décor urbain », etc.

Certains représentants de la ville proposent donc de construire le lycée de jeunes filles dans une parcelle du Parc de Chambrun. À cette suggestion les partisans du projet en centre-ville avancent des objections : on ne saurait reprocher à un lycée d’être trop central, et c’est au contraire une situation trop excentrique qui pourrait poser problème aux familles ; d’autre part le Parc de Chambrun est entouré de casernes ce qui ne constitue pas un environnement favorable à l’établissement d’un lycée de jeunes filles !

Les pourparlers entre la ville et l’Instruction Publique sont déjà bien avancés sur le projet en centre-ville et certains craignent que des atermoiements et des palabres de dernière minute ne fassent trainer l’affaire ou capoter le projet et que le lycée de jeunes filles et son internat ne soient construits dans une autre ville … Meknès pour ne pas la citer. Puisque les services de l’enseignement ont les crédits et que la ville a jugé primordial et urgent que le lycée soit construit à Fès, la commission municipale approuve finalement la construction du lycée sur le terrain proche de la rue de Castries en échange de compensations domaniales avantageuses pour la municipalité.

En novembre 1943, suite à une visite faite à Fès par le directeur général de l’I.P., il ressort que la construction du lycée de jeunes filles est confirmée à Fès … mais on a abandonné le projet de le construire rue de Castries (parcelle jugée finalement trop petite !) et il sera édifié au Parc de Chambrun. Il n’y a donc plus de problème d’échanges compliqués entre la ville et les Domaines.

Ce nouveau lycée de jeunes filles comportera internat et externat, et dégagera de la place au Lycée mixte. Il est à nouveau rappelé les réserves concernant l’édification du lycée dans le Parc de Chambrun, et la direction des affaires politiques s’oppose, en principe, à la construction du lycée dans la partie sud du parc : le futur lycée, encore de jeunes filles, sera donc situé à l’angle nord du parc, vers la place Galliéni (Place Ahmed El Mansour), inch’allah !

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Le Lycée Mixte dans les années 1950, avec à droite le portail des élèves, à gauche l’entrée des professeurs. Au centre, sous l’inscription Lycée, au rez-de-chaussée, le bureau du surveillant-général : seule entrée possible après la fermeture des portes, avec un « ticket d’entrée » de deux heures de colle !

Le Lycée Mixte au Parc de Chambrun et le lycée de jeunes filles au Lycée Mixte ?

Un des problèmes récurrents du Lycée Mixte a été l’augmentation constante, rapide parfois, du nombre des élèves associée aux lenteurs et aux coûts des constructions. Ce n’est pas un problème spécifique au lycée : partout dans la course entre les effectifs à loger et la construction, les effectifs sont toujours vainqueurs mais il faut reconnaître que dans le cas de notre lycée il a fallu plus de 20 ans pour donner une solution au problème qui s’est posé pratiquement dès son ouverture.

À son ouverture le lycée mixte est prévu pour accueillir 600 élèves environ. En 1933 il y avait déjà 355 élèves répartis entre les classes primaires (94 enfants) et secondaires (261) car jusqu’en 1937/38 le lycée a des classes primaires. En 1934 le lycée a 385 élèves dont 59 pour les classes primaires et 326 pour les classes secondaires

La diminution des effectifs dans les classes primaires est liée à l’éloignement du lycée du centre-ville qui se développe vers le sud, à la suppression de la classe de 10ème, et plus tard à la création de l’école de filles de l’Aguedal extérieur (directeur M. Paccoud) qui ouvre en octobre 1935, avec 2 classes et un internat primaire de 27 lits.

Les effectifs des classes du secondaire augmentent par souci des parents de mieux « armer » leurs enfants pour la vie future et par l’absence de débouchés immédiats pour les élèves sortant de la classe du certificat et des écoles primaires.

On pense aussi dès 1934, à créer au lycée des classes commerciales et industrielles, comme pour l’enseignement professionnel musulman, pour que l’affluence des élèves ne se traduisent pas par le « chômage des intellectuels ». Ces classes sont créées à la rentrée 1936.

En 1937, les effectifs atteignent plus de 500 élèves, avec seulement une douzaine d’élèves indigènes, tous dans des classes secondaires.

À la rentrée de 1941, il y a près de 700 élèves répartis dans une trentaine de classes. Le problème du nombre d’élèves commence à être posé par l’association des parents d’élèves, le lycée était construit pour 600 élèves mais pour l’instant le personnel est au complet ce qui permet une bonne qualité d’enseignement. Des nouvelles salles de classe ont été construites et des crédits importants ont été affectés pour la création de terrains de sport scolaires, conformes aux nouveaux programmes de l’éducation nationale.

L’effectif du lycée continue de croître, près de 750 élèves en 42-43 et en même temps le nombre des enseignants se réduit du fait de la mobilisation. Les uns après les autres, professeurs et répétiteurs vont endosser l’uniforme : en tout quinze professeurs et répétiteurs partent sous les drapeaux. La direction du lycée est obligée de remanier les classes dont le nombre tombe à 26 et certaines classes ont maintenant 40 élèves.

Les tensions sont plus fréquentes entre l’administration et les parents : l’association des parents d’élèves constate que le lycée s’est avéré trop petit depuis longtemps et que rien n’a été fait pour l’agrandir. Une certaine imprévoyance de la direction de l’Instruction Publique est évoquée même si les circonstances de guerre ont aggravé la situation. Les parents d’élèves refusent la solution proposée par l’I.P. de diminuer les effectifs en se montrant plus sévères pour les examens d’admission en 6ème et pour les examens de passage. Ils pensent que leurs enfants sont identiques à ceux des autres villes du Maroc et que si le niveau du lycée est inférieur à celui d’autres lycées européens du Maroc (puisque sur 745 élèves près de 200 seraient appelés à redoubler ou seraient remerciés) cela est lié à une carence de son cadre enseignant par trop diminué du fait de la mobilisation et qui ne peut suffire à la tâche. Le problème de l’absence d’internat est à nouveau soulevé car c’est une source de difficultés supplémentaires pour  parents et enfants.

L’association des parents d’élèves réclame la construction d’un nouveau lycée même si la période de guerre n’est pas favorable : finances restreintes, manque de matériaux, autres priorités etc. Nous avons vu que les discussions pour la construction d’un deuxième lycée reprennent entre les différentes administrations à partir de 1943 … et se poursuivront pratiquement jusqu’en 1950. Le nombre d’élèves entre temps aura augmenté jusqu’à 1100, avec l’arrivée plus nombreuse chaque année d’élèves marocains issus des écoles franco-musulmanes ou des écoles de « fils de notables ».

En juillet 1946, la Direction générale de l’Instruction publique fait connaître ses projets concernant le lycée : le futur lycée à construire au Parc de Chambrun sera le lycée de garçons ! et les filles resteront au Lycée Mixte qui deviendra le lycée de jeunes filles !! Il reste à régler le problème de compensation de terrain entre la ville, l’État, les domaines et l’Instruction publique …

Pour faire face à la croissance des effectifs à la rentrée 1947 trois chalets-classes provisoires sont installés dans la partie Est du Parc de Chambrun. Ils sont destinés aux 110 à 120 élèves de la section technique commerciale, constituent une annexe du Lycée Mixte et préfigurent le futur lycée de garçons du Parc de Chambrun. Ils laissent espérer l’implantation en 1948 d’une première tranche du lycée de garçons. En attendant les parents réclament de la police et de la lumière aux abords du Parc. « A-t-on pensé que le retour en ville de ces adolescents et adolescentes le soir, la nuit tombée, exigeait une attention particulière sur ce secteur à proximité des camps ? Il faudrait au moins quelques lampadaires et tout aussi nécessairement la présence de policiers, au moins en patrouille aux heures vespérales »

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Lycée Parc de Chambrun, année scolaire 1949-1950 Classe de 5ème technique commerciale (Coll. Anne-Marie Secchi)

En l‘absence de nouveaux locaux en 1948, l’administration du lycée doit organiser les horaires de cours  en fonction des disponibilités en locaux et non pas toujours de l’intérêt des études. Un chalet supplémentaire et un bureau commercial sont ajoutés au Parc de Chambrun.

Mais on découvre, aussi, en 1948, que le terrain envisagé pour la construction du futur lycée est menacé d’être coupé en quatre tronçons par l’intersection de deux voies selon un tracé dressé à Rabat par le Service central de l’Urbanisme ce dont ni la Direction de l’I.P. ni Fès n’auraient été informés … Un contre-projet doit être étudié ! En conséquence on peut déjà prévoir que ni le lycée de garçons, ni l’internat, ni les sections techniques industrielles, ni les sections techniques commerciales (installées dans les chalets « provisoires ») prévus au Parc de Chambrun ne pourront ouvrir à la rentrée 1949 !!

L’I.P. réclame une procédure d’urgence pour disposer au 1er octobre 1950 de 12 salles de classes et d’un bloc administratif et pédagogique pour absorber l’augmentation des effectifs prévisible. Ensuite il sera nécessaire par tranches successives d’achever ce nouvel établissement pour permettre non seulement de « démixter » le Lycée Mixte mais aussi d’accueillir « le flot montant de la jeunesse studieuse de Fès en mettant à sa disposition les moyens d’éducation très variés et très modernes qu’elle mérite ». Pour cela, il faudra demander à l’État de faire en faveur de Fès, ce que l’on a déjà fait pour Meknès c’est à dire un gros effort financier.

Fin février 1949, un concours d’architecte, réservé aux architectes du Maroc, est ouvert en vue de la construction du nouveau lycée. Le rendu devait être donné pour le 8 juin. 19 projets sont présentés, ce chiffre exceptionnel s’explique par le montant des travaux prévus : 400 millions de francs.

Le lycée sera construit sur un terrain de 7 hectares, et la superficie d’utilisation des bâtiments sera de 15 000 m2. Il est prévu un internat pour 150 élèves, avec dortoirs, réfectoires, cuisines, buanderie, douches, logements des surveillants et à proximité un petit pavillon médical. Le lycée comportera 40 salles de cours et pourra accueillir 2 000 élèves.

Des salles spécialisées seront construites à proximité des salles de cours : salles de physique et de chimie, d’histoire et de géographie, de mécanique et d’électricité. Elles seront en amphithéâtre. Seront également installés des ateliers d’une superficie de 1 700 m2 : ateliers d’ajustage, électricité, forge et artisanat rural, soudure autogène, mécanique auto et menuiserie.

L’architecte Georges Meyer a prévu un parc des sports, un terrain de football entouré d’une cendrée, une piscine et trois tennis mais en juillet 1949 il ignore quels aménagements seront retenus. Il estime que les travaux ne seront pas entrepris avant 1950. Le journaliste après avoir rencontré l’architecte s’est rendu sur l’emplacement prévu pour la construction du lycée et il a pu constater que l’on y avait déjà dressé des maisons pré-fabriquées sans lien avec le lycée ! « D’autres sans doute y seront installées dans les mois à venir : jusqu’au jour où l’on se souviendra que c’est là la place du lycée de Fès. Il est vrai que les maisons pré-fabriquées sont faites pour être facilement déplacées , mais pas gratuitement … »

L’été 1950 voit le démarrage d’une première tranche de travaux au Parc de Chambrun avec la réalisation des fondations de neuf salles de cours. À la rentrée d’octobre 1950, le manque de place au Lycée Mixte, contraint à transporter une classe de 5ème classique dans les chalets provisoires où elle rejoint la Section technique commerciale dont une troisième année vient d’être ouverte, qui prépare au Brevet d’Enseignement commercial (1ère partie) et permettra d’obtenir un Brevet d’État. Deux salles de spécialité sont installées dans un nouveau chalet : une de sténo-dactylo, l’autre de mécanographie.

Puisque j’évoque les dépendances du Lycée, n’oublions pas la Section ménagère et industrielle féminine rattachée au Lycée et qui remplace l’ancienne école ménagère. Les élèves travaillent dans les locaux de la rue de l’Indochine, proches du Lycée Mixte. Une vaste salle de cuisine a été aménagée et complète les ateliers de coupe, couture, broderie et les salles de cours où les élèves suivent un enseignement général.

La rentrée scolaire 1951-1952

Au 1er octobre 1951 les établissements européens du second degré, tous sous l’administration du Lycée Mixte, comprennent :

  • Le Lycée Mixte, avenue Lartigue, pour filles et garçons
  • Le nouveau lycée du Parc de Chambrun, de garçons, avec une sixième classique, deux sixièmes modernes, une cinquième classique et deux cinquièmes modernes, une quatrième classique et une quatrième moderne : première tranche de « démixtage ». Les classes de la section commerciale mixte de la 6ème à la seconde.
  • La section technique féminine, rue de l’Indochine : coupe, couture, dessin d’art appliqué, arts ménagers et enseignements généraux avec langue vivante. La directrice arrive d’une école de Paris où elle travaillait en liaison avec la haute couture parisienne

Assez rapidement, mais j’ignore la date exacte, le lycée du Parc de Chambrun est devenu mixte également dans les sections classiques et modernes !

Le Lycée Mixte restera toujours mixte de la sixième à la terminale, et ne portera pas d’autre nom que « Lycée Mixte ». Le lycée Ibn Hazm qui lui a succédé sera aussi un lycée mixte accueillant garçons et filles. Le lycée du Parc de Chambrun devenu « Lycée Moulay Slimane » après l’indépendance du Maroc sera également un lycée mixte.

Je crois qu’aucun des « anciens  » du lycée ne regrette la mixité du « Mixte » ; on peut d’ailleurs se demander si autorités locales, responsables de l’Instruction publique,  enseignants et parents souhaitaient réellement renoncer à la mixité au lycée. Ils ont mis 20 ans à obtenir un deuxième lycée de « garçons » et quelques mois  seulement pour le transformer en lycée mixte sans jamais avoir « démixter » le premier lycée !

La mixité transforme la nature des rapports entre garçons et filles, les rend meilleurs, plus naturels et cela explique le plaisir que nous avons, nous les « anciens », français et marocains, à nous retrouver à Fès, régulièrement pour des rencontres amicales et/ou de solidarité avec nos jeunes camarades du Lycée Ibn Hazm. Ce sont peut-être aussi l’amitié, le partage, le vivre ensemble de l’Esprit de Fès si cher à notre ami Faouzi Skali qui rendent nos rencontres si riches et si joyeuses cinquante ans après notre départ du Lycée Mixte.

Les photos des enseignants et élèves du Lycée Mixte proviennent de l’album mis en ligne sur le site de l’ALMF, Anciens du Lycée Mixte de Fès, par Chedly Hamayet. http://annibal.free.fr/

 

L’entrée et la façade du lycée Ibn Hazm aujourd’hui

L’intérieur, à gauche le jardin ; à droite vue sur le terrain de sport « mixte » aujourd’hui. Était au Lycée Mixte le terrain de sports des filles.

Les photos du lycée Ibn Hazm aujourd’hui sont issues du site du lycée : http://lycee-ibn-hazm.e-monsite.com/