Image à la une : Vases en faïence de Fez : anciennes faïences peintes sur émail, de la collection Mellier. Photographie Laribe. 1917 ou 1918.

Le confinement des « anciens » … et des autres ! a pour avantage de nous recentrer sur des activités intérieures ; j’en profite pour mettre de l’ordre dans mes documents. Cela m’a permis de retrouver cet article d’Alfred Bel, publié en mars 1919, dans la revue France-Maroc, sous le titre complet « Potiers et Faïences de Fez. Les produits de leur fabrication, leurs croyances et leurs légendes ».

Alfred Bel venait de terminer « Les industries de la céramique à Fès » Éditions Carbonel à Alger et Éditions Leroux à Paris. 1918, livre illustré de 230 photos de l’auteur pour l’essentiel. Ce livre qui fait toujours référence quant à l’industrie de la céramique à Fès a été réédité par Hachette Livre et la BNF il y a quelques années. Il est également en ligne sur le site Gallica de la BNF.

J’ai déjà mis sur le blog plusieurs articles sur la poterie et les potiers de Fès, mais l’article d’Alfred Bel nous fait découvrir, le « folklore » des potiers qui est à peine abordé – voir pas du tout – dans les autres articles.  Alfred Bel a recueilli lui-même, sur place, pendant son séjour à Fès entre 1914 et 1916, les éléments de son travail, en allant régulièrement regarder travailler dans leurs ateliers, céramistes, potiers et faïenciers, en discutant avec eux de leur savoir-faire, de leurs habitudes de travail, autour de la traditionnelle tasse de thé, après avoir vaincu les réserves initiales des artisans qui pensaient avoir affaire à un futur concurrent voulant créer une usine de céramique à Fès ! Ces visites sont aussi l’occasion de parler de « la vie de tous les jours » et ses bonnes relations avec les autorités locales, françaises et marocaines lui permettent de rendre à ces artisans de petits services de temps en temps. Peu à peu la confiance s’est installée, Bel a pu obtenir toutes les informations sur l’organisation du travail, les techniques utilisées et les légendes et croyances de cette corporation.

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Faïences et plats de Fez. Les cinq plats représentés donnent quelques types des compositions décoratives anciennes, à motifs géométriques et floraux, et sur plusieurs d’entre eux une stylisation de l’écriture coufique. (Collections Mellier et Bel). Photo Laribe.

De toutes les industries de Fez, l’une des plus anciennes et encore des plus importantes à l’heure actuelle est celle de la poterie et de la faïence.

« Vers les murailles de la cité, nous dit Jean Léon l’Africain, sont ceux qui font la brique et fourneaux pour cuire la vaisselle de terre. Au-dessus se trouve une place grande là où se vendent les vases blancs comme sont plats, écuelles, pots, et autres choses semblables ».

Léon l’Africain, qui faisait sa description de Fez, au début du XVIe siècle, notait en passant, cette industrie de la céramique qui existait à Fez depuis bien longtemps déjà, et toujours, semble-t-il, sur l’emplacement où se trouvent les ateliers des potiers et des faïenciers.

Tous ceux qui passent à Fez aujourd’hui connaissent cette faïence émaillée si caractéristique, et les Européens qu’intéressent les industries indigènes et qui viennent à Fez ne manquent pas d’aller visiter ce quartier de Fakhkhârin, des « céramistes » musulmans.

Les ateliers des potiers et des faïenciers se trouvent groupés à l’intérieur du rempart sud-est près de la casbah de Tamdert, non loin de Bâb El Ftoûh, sur une assez grande surface. Ce quartier se nomme encore aujourd’hui Guerouaoua, du nom d’une tribu berbère dont les représentants habitaient autrefois cette partie de la ville.

Dès le moyen âge l’industrie de la terre cuite dut prendre à Fez un développement assez considérable, si l’on en juge par les revêtements des murs intérieurs des médersas du XIVe siècle, des mosquées et des maisons particulières comme celle que j’ai trouvée en ruines dans le quartier de Souiqet ed Debbâne, et dont quelques panneaux de mosaïques de faïence, du goût le plus sûr, figurent aujourd’hui au Musée archéologique et dans le salon de la Résidence à Fez.

Il semble bien d’ailleurs, par ce que nous connaissons des monuments musulmans de Tlemcen, par exemple, et du Maroc, que le carreau de faïence qui sert au pavage des cours et des chambres et au revêtement des murs intérieurs, ne devint  guère d’un usage courant avant la fin du XIIIe siècle dans les régions occidentales.

Pour Fez, l’auteur de la chronique Roûd el Qirtâs fî akhbari madînati Fâs, qui écrivait son livre vers 1325 de Jésus-Christ, nous apprend que ce fut au début de ce siècle que l’on commença à faire usage, dans les constructions, des carreaux émaillés en faïence.

Quant aux autres objets, vases, plats, récipients divers, quinquets et lampes à huile, on ne saurait douter que l’on en faisait à Fez, en terre émaillée, depuis bien longtemps. On peut même supposer que l’on a fait à Fez, comme en Espagne, comme à la qelaâ des Beni Hammâd, près de Sétif, pendant le moyen âge, de ces beaux plats à reflets métalliques dont on admire de précieux spécimens au musée du Louvre et de Cluny par exemple. Mais nous ne saurions cependant l’affirmer bien que le collectionneur Libert, mort en 1915, ait fait ici même l’acquisition d’un de ces plats hispano- mauresques à reflets métalliques.

La collection Libert (faïences de Fez, cuivres et bois ouvragés) a été acquise par le Protectorat et transportée au musée de Rabat en décembre 1915. Elle constitue le premier fonds de ce musée des Arts marocains. On peut regretter, pour le réveil du bon goût des ouvriers faïenciers que les belles pièces de cette collection ne soient pas restées à Fez, où elles auraient servi de modèles aux artisans actuels.

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Faïence stannifère de Fez. Collection J. de la Nezière. 1924

Sur les anciens potiers de Fez au moyen âge, sur leur technique, sur les contrats de travail entre patrons et ouvriers, nous ne savons pas grand-chose encore par les textes anciens. Nous n’avons pas encore trouvé ici de ces documents écrits comme ceux qu’a publiés pour l’Espagne musulmane, le grand collectionneur de faïences M. de Osma, dans ses « Apuntes sobre ceramica morisca ».

Pour le moment les seuls témoins anciens des faïences émaillées de cette ville sont ceux que donnent, comme je viens de le dire, les pavages et revêtements des monuments à partir du XIVe siècle.

Rien n’a été conservé non plus des très vieux plats en terre émaillée ; et les musulmans de la bourgeoisie d’aujourd’hui préfèrent la vaisselle et les plats en porcelaine de Chine.

Cependant on trouve encore quelques plats, pots ou flacons, datant d’un demi-siècle et quelques fois davantage. J’ai parlé tout à l’heure de la collection Libert qui en renfermait un grand nombre et de très beaux ; il y a encore des particuliers qui ont acquis très heureusement de fort bien, comme le capitaine Mellier, chef des services municipaux (qui a donné sa collection au Musée du Batha de Fès au moment de son départ pour le front français), le consul d’Angleterre M. MacLeod ; on en trouve aussi quelques spécimens dans le grand salon de la Résidence à Fez et j’en ai moi-même une très petite collection personnelle. Ce qui frappe au premier coup d’œil dans ces faïences émaillées quelque peu anciennes, c’est la netteté du décor floral ou géométrique, la douceur des tons et l’harmonie des couleurs. Les bleus-gris notamment sont toujours bien, les blancs sont plus éclatants que ceux des pièces fabriquées aujourd’hui et dont regorgent les souks.

Je reviendrai ailleurs sur les causes de cette décadence de la faïence de Fez au point de vue de la technique du décor, en parlant des minerais et produits employés pour l’émail. ( Bel n’en parlera pas dans cet article, mais dans l’étude d’ensemble qu’il a effectuée sur le travail de la terre cuite à Fès : « Les industries de la céramique à Fès »)

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Faïences polychromes de Fès. Le décor ancien était très supérieur comme dessin, combinaisons, décorations, harmonie des couleurs, netteté et douceur des tons, au décor actuel. Collections Mellier et Bel. Photographie Laribe

Dans cette Afrique du Nord, où le travail de la poterie date de la plus haute antiquité et où l’on trouve encore dans nombre de tribus berbères, de la Grande Kabylie, du Rif, de la région de Fez ou de Meknès notamment, des poteries à fond blanc, brun clair ou rosé, décorées de rayures ou dessins en noir, en brun foncé ou en rouge, façonnées par les femmes, rappelant le décor et même souvent la forme des poteries prémycéniennes de l’île de Chypre datant de 2000 ans avant J.-C., les faïences de Fez ont leur originalité marquée. Elles se distinguent aussi bien des faïences de Nabeul en Tunisie et de Tunis même, que des poteries si variées faites par des hommes, sur le tour-à-potier, des diverses régions nord-africaines. Seules les faïences de Safi appartiennent au même groupe que celles de Fez, dont elles ne diffèrent sensiblement ni par la technique de fabrication ni celle du décor.

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Poteries berbères. La tribu des Tsoul, dans la région de Fès, produit beaucoup de ces vases grossiers, de ces objets de terre mal cuite. Ces pièces sont ici disposées sur un tapis « chleuh » au sobre décor géométrique, fabriqué par les femmes berbères des tribus de l’Atlas au sud de Fès. Photo Laribe

Les potiers de Fez font remonter l’origine de la terre cuite à Noé lui-même. Ce prophète d’Allah, content-ils, entendit un jour Dieu lui dire : « Travaille ». « À quoi ? » répondit Noé. « Fais de la poterie ! » On n’est pas d’accord sur le mot employé par le Très-Haut dans cette dernière phrase pour désigner la poterie. Selon les uns, ce serait el-fkhâr « de la poterie » ; pour les autres, ce serait el-aniya « des vases ». Mais la suite nous montre bien qu’il s’agissait de vase en terre cuite. Dieu lui dit en effet comment il devait s’y prendre pour malaxer l’argile, la façonner et cuire au four des objets ainsi fabriqués.

Après avoir préparé sur ces indications divines un certain nombre de vases et de pots, notre seigneur Noé en remplit le four qu’il avait construit et alluma le feu. La cuisson achevée, Dieu, qui se plaît à éprouver la patience de ses adorateurs et leur fidélité envoya un coup de vent froid dans le four encore très chaud ; le brusque refroidissement ainsi produit fendit tous les vases de Noé. Navré, ce prophète s’adressant à Dieu lui dit : « Seigneur, j’ai suivi exactement tes instructions et voilà que mon travail et ma peine sont rendus vains d’un seul coup. » « J’ai voulu, lui répondit le Seigneur, éprouver ta patience et tu ne l’as pas compris. Cesse donc de te plaindre à moi des difficultés que tu rencontres dans les missions que je te confie et poursuis la tâche que je t’ai donnée. Recommence tes pots, peut-être seras-tu plus heureux ? Ne t’ai-je pas chargé aussi d’adresser aux hommes, tes frères, des admonestations ; et pourtant ils ne t’ont pas écouté ! Mais ne désespère pas, car je sais comment les châtier et les punir. Sois patient avec eux, montre ta ténacité dans tout ce que je te conseille d’entreprendre et je t’aiderai. »

Noé continua sa mission prophétique comme aussi il continua à fabriquer des vases de terre cuite. Mais Noé et Allah – le Dieu de tous les musulmans – sont trop loin du fidèle, ce sont des puissances trop abstraites pour nos potiers de Fez, qui ont comme tous les musulmans leurs divinités locales : les saints du pays.

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Poterie de Fez à revêtement de goudron. Photo J. de la Nezière.

Le premier de tous, celui qui est considéré comme le patron des corporations d’ouvriers en terre cuite à Fez est Sidi Mimoûn el Fekhkhâr « Monseigneur Mimoûn le Potier » dont le tombeau est là, tout près de leurs ateliers. Voici ce que disent nos potiers de ce personnage. Dans sa jeunesse, il avait fait de bonnes études, mais pour gagner sa vie il avait appris le métier de potier. Il était très respecté de tous en raison de son savoir et de la droiture de sa conduite. En dehors des heures de travail à l’atelier, il professait la grammaire. Or, il advint qu’un jour que Sidi Mimoûn chauffait son four, il vit accourir à lui, tout bouleversé, l’un de ses élèves nommé Omar Ech Chérif. En quelques mots celui-ci expliqua  à son maître que, dans la campagne, il avait été pris à partie par quatre malandrins, qu’il en avait blessé un et que les trois autres le poursuivaient pour le mettre à mort. Il demandait à Sidi Mimoûn, son maître, de le cacher. « Entre là » lui dit Sidi Mimoûn en lui montrant la porte béante du foyer flamboyant, plein de palmier bien sec qui brûlait en crépitant et en faisant de longues flammes.

Omar Ech Chérif, docile aux ordres de son professeur, n’hésita pas un instant et sauta dans le foyer brûlant. Au même instant arrivent les malandrins qui le poursuivaient. Comme ils demandaient à Sidi Mimoûn ce qu’était devenu le fuyard, il le leur montra sain et sauf, assis au milieu des flammes du foyer, sans en être nullement incommodé.

Les malandrins devant ce miracle, furent pris de crainte à leur tour et s’excusèrent auprès de Sidi Mimoûn, auquel ils demandèrent leur pardon.

Le saint les congédia après leur avoir pardonné ; puis il tendit la main à son disciple Omar qui sortit du foyer en disant : « Il était temps, ô mon Seigneur, que vous me retiriez de là, je crois que j’y serais mort de froid. » Il grelottait en effet.

À partir de ce jour Omar Ech Chérif ne voulut plus se séparer de son maître qui lui apprit le métier de potier et le fit travailler avec lui.

Lorsque mourut Sidi Mimoûn El Fekhkhâr, il fut enterré à l’endroit où se trouve encore son tombeau et on enterra à quelques pas de là son disciple Sidi Omar Ech Chérif, quand il mourut à son tour. L’un et l’autre sont l’objet de la vénération des potiers. Mais Sidi Mimoûn jouit d’une considération plus grande que son voisin. La tombe de Sidi Mimoûn est dans une large fosse de deux mètres environ au-dessous des terres environnantes, au milieu d’une sorte de puits carré dont les parois sont en maçonnerie. Les potiers expliquent cette particularité en disant que la terre des alentours a continué à « pousser »,  à se soulever (car beaucoup de musulmans croient que la terre grandit en hauteur comme les plantes) tandis que celle de l’emplacement carré autour du tombeau est restée à son niveau primitif, par la volonté du saint.

Un méchant catafalque en bois formé de quatre piquets supportant un cadre à claire-voie, s’élève sur la tombe du saint, un escalier permet de descendre dans ce creux. Dans la paroi d’un des murs, une petite ouverture renferme des débris de pots, dans lesquels les fidèles brûlent des parfums. À l’une des extrémités de la tombe un trou, entouré des traces du sang des poules égorgées en l’honneur du saint, sert à recevoir ce sang.

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Le « méchant » catafalque de Sidi Mimoûn. Cliché Alfred Bel 1916

Tout cela est pauvre comme les potiers eux-mêmes et l’on sent qu’il ne s’agit pas ici d’un de ces grands saints, comme Moulay Idriss, dont on orne le mausolée des plus riches ex-voto.

Si l’on demande aux potiers pourquoi ils n’ont pas recouvert ce lieu d’une coupole, d’un de ces dômes qui abritent contre les intempéries les tombeaux de tant d’autres saints, ils vous répondent : « C’est que Sidi Mimoûn n’a jamais permis que l’on bâtisse quoi que ce soit sur son tombeau : il a démoli toutes les constructions que l’on a tenté d’y élever. Bien plus, il n’a jamais laissé construire de maisons dans le voisinage des ateliers et à l’est de son tombeau. Toutes celles qui ont commencé sur ce terrain nu, qui s’étend jusqu’aux remparts de la ville, ont été ruinées avant d’être achevées. »

Au surplus, le patron des potiers de Fez ne semble pas être l’objet d’un culte bien fréquent ni bien sérieux de la part de ceux-ci. Il n’a pas de moussem régulier comme tant d’autres saints. Toutefois, par des hivers secs, lorsque la pluie manque aux céréales qui dépérissent faute d’eau, parmi les cérémonies en usage à Fez, il y a un moussem, sorte de fête votive en l’honneur de Sidi Mimoûn, auquel on demande de faire pleuvoir, en lui égorgeant des victimes. Ces visites à certains saints pour obtenir la pluie désirée, avec accompagnement de sacrifices pieux et de repas communiels des fidèles avec leurs saints, se répètent un peu partout dans l’Afrique du Nord.

Au surplus, les potiers de Fez révèrent bien d’autres saints que Sidi Mimoûn et son disciple Sidi Omar. Ils fêtent le moussem de Moulay Idriss l’aîné – celui du Zerhoun – et de Moulay Idriss le jeune, le patron de Fez, ceux de Sidi Ahmed el Bernoussi du Zalagh et de Sidi Ali Bou Châlem, près de Bâb el Ftoûh, et chôment un jour à cette occasion.

Comme les autres artisans musulmans de Fez, les potiers ne travaillent guère le vendredi, jamais l’après-midi de ce jour, et font rarement cuire ce jour-là, bien que les vendredis ne soient pas chômés chez les musulmans.

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Jobbâna : le décor de la jobbâna comporte le décor de la plateforme du couvercle, celui des flancs du couvercle et de la panse. Photo J. de la Nezière

Enfin à côté des pratiques religieuses musulmanes et du culte des saints, les potiers de Fez, comme leurs autres coreligionnaires de cette Berbérie, ont conservé bien des croyances animistes et des pratiques magiques. Dans les chambres d’ateliers, dans les chambres de dépôt, dans la cour même, on aperçoit chez les potiers un certain nombre de talismans protecteurs contre le « mauvais œil » : ce sont des mains grossièrement peintes sur le mur ou découpées en carton et fixées au mur, des fers à cheval, des crânes de chevaux, de mulets ou d’ânes, placés dans la cour, comme ceux que l’on voit dans les jardins potagers et dans les vergers.

Je ne voudrais pas multiplier à l’excès les exemples, je me bornerai toujours, au sujet de la croyance au « mauvais œil », à en citer deux, pris chez les briquetiers :

– un jeune ouvrier qui venait de terminer le moulage de toutes les briques, avec l’argile d’une fosse, fait avec son doigt cinq trous dans la dernière brique qu’il venait de mouler. Comme je lui en demande la raison, il me dit : « C’est contre le mauvais œil car il se pourrait que quelqu’un m’ayant vu achever si rapidement mon travail, soit jaloux, il n’en faudrait pas plus pour porter malheur à la cuisson de ces briques. »

– Un autre jour, près des ateliers de Louâjriyine de l’Oued Fez, comme je demandais, à un ouvrier qui achevait le remplissage d’un four, la signification des cinq bâtonnets d’argile dressés verticalement sur le haut du four, il me répondit : « C’est que le patron de ce four est le frère et l’ennemi du patron du four voisin et ces « cinq » (khamsa) ont pour but d’éloigner de ce four le mauvais œil de ce voisin.

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Marchand de poteries au souk de Sidi Frej, le plus important souk de poteries non émaillées de Fès. Le marchand occupe les loisirs étendus que lui laisse le client, à décorer de combinaisons de points au goudron, faits avec le bout de l’index, quelques-uns des vases de son étalage. On trouve encore aujourd’hui, au souk ,dit au henné, de Sidi Frej, deux ou trois marchands de ces poteries en terre cuite. Photo Laribe.

Voir : L’artisan potier à Fès , L’industrie de la poterie à Fès , Les potiers de Fès , Une production originale de l’artisanat de Fès : les carreaux de faïence émaillée.